Nadia Akari
15 Novembre 2016•Mise à jour: 15 Novembre 2016
AA/Nairobi / Magdalene Mukami
Le Kenya est en train de délibérément contraindre des milliers de réfugiés somaliens à retourner dans des zones en proie aux conflits en Somalie, a averti Amnesty International dans un rapport.
Le rapport de l’organisation de défense des droits humains a été publié mardi, soit deux semaines avant l’échéance de fermeture du plus grand camp de réfugiés au monde, Dadaab.
Le camp de Dadaab, qui est situé dans l’Est du Kenya et proche de la frontière avec la Somalie, abrite plus de 280 000 réfugiés somaliens ayant fui la guerre civile.
Le Kenya avait annoncé en mai dernier qu’il ne souhaitait plus accueillir des réfugiés somaliens pour des raisons de sécurité intérieure.
La directrice adjointe du programme Afrique de l’Est, région des Grands Lacs et Corne de l'Afrique d'Amnesty International, Michelle Kagari, a expliqué, à l’Agence Anadolu (AA), que ces retours forcés ne se limitent pas à l’envoi par bus de réfugiés.
«Dans ce scénario, les retours forcés ont aussi lieu lorsque les déclarations faites et les conditions de vie deviennent hostiles et les réfugiés sentent qu’ils n’ont plus d’autre choix que de partir», a-t-elle noté.
Kagari a également déclaré que de nombreuses personnes s’en vont parce que le gouvernement kényan a annoncé que l’aide financière de 400 dollars US accordée dans les cas de retours volontaires sera supprimée d’ici à la fin du mois de novembre.
Le rapport d’Amnesty averti en outre que le délai extrêmement serré imparti et le manque d’alternative risque de provoquer le retour forcé d’un grand nombre de réfugiés vers la Somalie, un pays encore ravagé par des conflits armés, et la mort de nombre d’innocents.