Nadia Chahed
13 Mars 2018•Mise à jour: 13 Mars 2018
AA / Kinshasa / Pascal Mulegwa
"Beaucoup négligent l’ampleur de la vaste crise humanitaire que traverse la RDC", a déclaré le coordonnateur des Affaires humanitaires de l’ONU Mark Lowcock, soulignant qu'il faut "agir sans tarder pour sauver des vies".
Le responsable onusien s'exprimait, lundi soir, devant la presse au terme d'un entretien à Kinshasa avec le Premier ministre congolais par intérim, José Makila, avec qui il a, notamment, évoqué le sous-financement des activités humanitaires dans le pays.
Mark Lowcock a entamé, dimanche soir, une visite de trois jours en République démocratique du Congo (RDC) pour évaluer l'ampleur de la crise humanitaire dans ce pays.
Début 2018, la communauté humanitaire avait lancé un appel pour une collecte de fonds record de 1,68 milliard de dollars afin de répondre aux besoins de 10,5 millions de personnes en RDC.
L’an dernier, les opérations d’aide humanitaire n'ont reçu que 52 % des fonds nécessaires, avaient déploré les humanitaires qui se sont dernièrement déclarés "dépassés" par la "méga crise" qui est au "point de non retour" et "sous-financée".
Mark Lowcock devra se rendre mardi à Kalemie capitale de la province du Tanganyika dans le Sud-est de la RDC où un conflit entre Bantous et Pygmées a fait plus de 500.000 déplacés et une centaine de morts.
Sur place, il visitera deux sites de déplacés (environ 14000 personnes) ayant fui les violences qui secouent cette province depuis environ deux ans, selon son Agenda.
Ancien secrétaire permanent au Ministère du développement international du Royaume-Uni, Lowcock regagnera Kinshasa avant de quitter le pays.
Aucun entretien avec le président Joseph Kabila n’est officiellement prévu dans son programme communiqué aux médias.
Ancienne colonie belge devenue indépendante en 1960, la RDC figue parmi les principales priorités humanitaires de l’ONU dans le Monde, avec le Yémen et la Syrie.
Avec ses 4,5 millions de déplacés, la RDC est le pays africain le plus touché par les déplacements internes.
L’ONU a averti vendredi dernier à Genève que plus de deux millions d’enfants risquaient de mourir de malnutrition "aiguë et sévère" cette année en RDC s’ils ne reçoivent pas des traitements "appropriés".
La visite Lowcock en RDC, la première du genre qu'il effectue dans ce pays, permettra de faire le point sur la situation en prévision de la conférence de donateurs sur la crise en RDC prévue en avril prochain à Genève avec l'objectif de lever 1,37 milliard d'euros pour répondre à la crise humanitaire congolaise.