Nadia Al Chahed
19 Février 2016•Mise à jour: 19 Février 2016
AA/Bujumbura/Jean Bosco
A quelques jours de l’arrivée à Bujumbura du secrétaire général de l’ONU et d’une délégation de haut niveau de l’UA, le gouvernement burundais a annoncé, vendredi, sa volonté d’engager un dialogue avec le Rwanda ainsi que la réouverture, le jour même, de deux médias, fermés depuis le putsch manqué en mai dernier.
Des initiatives qui visent selon des observateurs à se « redorer l’image » devant ses hôtes.
Deux responsables burundais ont annoncé, vendredi, la volonté du gouvernement d’engager un dialogue avec le Rwanda voisin afin d’aplanir les tensions qui marquent depuis un moment leurs relations
Le Rwanda ayant été ouvertement accusé par le Burundi de "vouloir le déstabiliser" en enrôlant des réfugiés burundais pour en faire des rebelles contre Bujumbura.
«Nous ne voulons pas réagir avec violence à l’endroit du Rwanda, nous voulons l’approcher pour négocier la paix avec ce pays voisin, vous savez qu’on ne choisit pas son voisin, et le Burundi tient à entretenir de bonnes relations avec ses voisins, y compris le Rwanda», a déclaré, jeudi Alain Aimé Nyamitwe, ministre burundais des Affaires étrangères lors d’une séance plénière du parlement, retransmise en direct par la radio nationale.
Le premier vice-président de la République, Gaston Sindimwo, a également fait des déclarations dans ce même sens. « Un dialogue direct entre Bujumbura et Kigali pour régler nos différends s'impose », a-t-il indiqué, ont rapporté des médias locaux.
D'autre part, le Conseil National de la Communication ( organe étatique chargé de veiller au bon fonctionnement des médias) a décidé, le jour même, la réouverture de deux radios fermées depuis le putsch manqué de mai dernier. Il s’agit de la Radio-télévision Rema (proche du pouvoir) et de la Radio Isanganiro (indépendante et proche de l’opposition).
Le Burundi s’apprête à accueillir, les 22 et 23 du mois courant, le Secrétaire général de l’ONU, Ban Ki-Moon et le 25 du même mois, la délégation africaine de haut niveau, présidée par le président sénégalais, Macky Sall.
Ban Ki Moon ainsi que la délégation africaine conduiront des concertations avec les différentes parties burundaise en vue de trouver une issue à la crise politico-sécuritaire qui secoue le pays depuis avril dernier et qui a fait, à ce jour, plus de 400 morts et poussé 230.000 personnes à l'exil, selon les organisations de la société civile burundaises.