Bilal Müftüoğlu
28 Octobre 2015•Mise à jour: 29 Octobre 2015
AA - Paris - Bilal Muftuoglu
Le Sahel et l'Afrique de l'Ouest sont en vue d'assurer leur sécurité alimentaire et se positionnent mieux pour affronter des nouvelles crises alimentaires, a annoncé mercredi l'Organisation de Coopération et de Développement Économiques (OCDE).
L'Organisation a consacré sa rubrique "statistiques de la semaine" à l'Afrique de l'Ouest à l'occasion de la semaine du Sahel et de l’Afrique de l’Ouest dans le cadre de l’Exposition Universelle à Milan. La semaine, qui se tient du 26 au 30 octobre, décline le thème "Nourrir la planète - Énergie pour la vie" et cherche à étudier l'impact des transformations sur la sécurité alimentaire dans la région.
Alors que les famines au Sahel en 1973 et 1984 marquent toujours les mémoires de la population locale, "la réalité aujourd'hui est bien différente", se félicite l'OCDE. En effet, depuis les années 1990, la sous-alimentation a baissé de 60% au Sahel et en Afrique de l'Ouest, précise l'organisation dans sa statistique.
L'OCDE rappelle ainsi que la production alimentaire dans la région a triplé depuis le début des années 1980, dépassant ainsi la croissance démographique. La production alimentaire par habitant a augmenté pour sa part de plus de 40, ajoute-t-elle.
La région est aussi mieux parée pour affronter les crises alimentaires, notamment suite à la mise en place, dès les années 1980, des mécanismes pour le partage des informations et la prise de décision. Le Réseau de prévention des crises alimentaires, créé en 1984 et dirigé par le Club du Sahel et de l'Afrique de l'Ouest de l'OCDE, surveille la situation nutritionnelle et identifie les ménages et les zones qui ont besoin d'une aide alimentaire.
L'évolution de la sécurité alimentaire est désormais façonnée par le phénomène de l'urbanisation, met en garde l'OCDE dans son étude. En effet, l'Afrique de l'Ouest compte désormais 1 947 grandes villes, contre 152 en 1950 et les zones urbaines et rurales sont de plus en plus interconnectées, rappelle l'OCDE, soulignant à cet effet l'importance de ces liens pour le futur des politiques alimentaires dans la région.
Se réjouissant du "progrès remarquable", l'OCDE avertit que des défis persistent en Afrique de l'Ouest et au Sahel, dès lors que près de 36 millions de personnes dans la région souffrent encore de la sous-nutrition et des millions font face aux urgences alimentaires chaque année, en particulier lors des périodes de soudure.
La sous-nutrition sévit en particulier au Tchad, au Libéria et au Burkina Faso, affectant respectivement 34,4%, 31,9% et 20,7% de la population totale. En terme de nombres, c'est le Nigeria qui compte le plus grand nombre des individus qui souffrent de la sous-nutrition, avec 12,9 millions d'habitants.