Gülsüm İncekaya,Nur Asena GÜLSOY
23 Août 2017•Mise à jour: 24 Août 2017
AA – Istanbul
L'Afrique a besoin que la Turquie l'accompagne dans son envol, a déclaré Zehra Ali, médecin Kenyane, membre de l'Association internationale des Médecins.
S'exprimant dans une interview accordée à l'Agence Anadolu, elle a déploré l'héritage colonial, responsable selon elle de cette incapacité africaine à produire et à avancer. "Les colons nous ont fait oublier la pêche en nous donnant du poisson", a-t-elle indiqué.
"Nous disposons de terres très riches. Nous voulons désormais semer du blé et pêcher, et nous avons besoin de la Turquie pour apprendre à pêcher et éradiquer la pauvreté sur le continent", a souligné Zehra Ali.
Saluant l'expérience de la Turquie, Ali a dit que le Kenya souhaite qu'Ankara y mène une politique de développement similaire à celle déployée en Somalie.
Elle souligne, en outre, que son pays n'a nullement besoin d'argent mais plutôt du savoir-faire de la Turquie notamment dans le domaine de l'industrialisation.
«C'est ce que faisait l'Empire ottoman auparavant, poursuit-elle. C'était la différence entre les Ottomans et les Européens. Nous devons tout produire et réduire notre indépendance des marchés occidentaux", souligne-t-elle encore.
Ali a fait des études en médecine à l'Université Hacettepe en Turquie, grâce aux bourses qu'elle a reçues en 1987, et a travaillé longtemps en Turquie.
Le séisme du 17 août 1999 a été un tournant pour Ali, qui raconte: «Je suis d'abord allée à Duzce puis à Izmit (région de Marmara, gravement touchée par le séisme). Ensuite j'ai commencé à travailler avec 'Yeryuzu Doktorlari' (une ONG). C'était difficile, j'étais toute seule et je travaillais depuis chez moi. Dieu merci, nous avons créé des équipes bénévoles et avons commencé à nous rendre dans les quatre coins du monde.»
Rentrer en Afrique a été un autre tournant dans sa vie. "Revenir en Afrique après plusieurs années passées en Turquie m'a permis de prendre davantage conscience de la qualité de la vie en Turquie alors que l'Afrique fait toujours face à la faim, le terrorisme, la sécheresse... ", note Zehra Ali.
De son passage à Kinshasa la capitale congolaise comme de celui au Kenya, elle a, surtout gardé l'image des enfants de la rue obligés de travailler ou de mendier pour trouver de quoi manger.
Se félicitant des activités de Yesilay, une institution turque de lutte contre l'alcoolisme et la drogue, Ali a décidé de rester en Afrique pour développer des projets et mettre en place le «Yesilay kényan».
La médecin appelle aussi la Turquie à coopérer dans la lutte contre les épidémies telles que le choléra, qui ne font plus l'objet de la littérature médicale mondiale, mais qui frappent encore le continent.