Mourad Belhaj
25 Février 2020•Mise à jour: 26 Février 2020
AA / Tunisie / Adel Thabeti
Le président tunisien, Kaïs Saïed, et l'émir du Qatar, Cheikh Tamim bin Hamad, ont eu lundi des entretiens portant sur les relations bilatérales et les questions arabes et internationales, au premier rang desquelles la crise libyenne et la Palestine.
Lors d'une conférence de presse conjointe, l'émir du Qatar a déclaré: "J'ai parlé avec Son Excellence le président (Kaïs Saïed) de la manière de développer les relations distinguées entre les deux pays", ainsi que "du développement des domaines de l'investissement, de la sécurité et de la défense".
"Il y a un grand accord entre nous et nos frères en Tunisie sur plusieurs questions arabes", a-t-il ajouté.
Il a également déclaré sur Twitter: "Nos discussions avec les frères en Tunisie ont été constructives et fructueuses".
Et d’ajouter: "Nous avons une volonté commune de donner un nouvel élan aux relations distinguées entre le Qatar et la Tunisie dans divers domaines, et nous sommes impatients d'utiliser les capacités de nos deux pays pour servir les intérêts des peuples et des questions arabes".
Kaïs Saïed a de son coté déclaré lors de la conférence, "La première question dont nous avons discuté est la question libyenne et comment la solution devrait être inter-libyenne en rassemblant les tribus de Libye qui ont une légitimité populaire."
La Libye souffre d'un conflit armé opposant le général à la retraite, Khalifa Haftar, au gouvernement d’entente nationale internationalement reconnu, et qui se disputent la légitimité et l'autorité dans le pays.
"Je ne pense pas que la solution puisse venir de l'étranger, et un certain nombre de chefs de tribus ont exprimé le désir de se rencontrer à nouveau en Tunisie", a poursuivi le président tunisien.
Cependant, "cela peut être une solution insuffisante, mais c'est mieux que les guerres, et la Tunisie est l'un des plus grands pays touchés par la guerre en Libye (voisine)".
"La question palestinienne est notre cause centrale et elle le restera, puisque le peuple palestinien subit l’injustice depuis deux siècles", a déclaré Saïed.
Et d’ajouter : "Nous ne voulons ni la guerre ni l’affrontement, mais nous sommes dans notre bon droit, et la capitale de la Palestine ne peut être qu'Al-Quds Al-Sharif (Jérusalem)."
Abordant les relations avec le Qatar, le président tunisien a déclaré que les Tunisiens et les Qataris sont frères et ceux qui pensent pouvoir trouver ou créer des différends entre nous se fourvoient lourdement.
Saïed a rappelé l'assistance que le Qatar a apportée à la Tunisie lors de la révolution contre le régime de Zine El Abidine Ben Ali (1987: 2011), et a déclaré : "Les Tunisiens ont accueilli avec joie (le projet concernant) le pôle médical de Kairouan (centre), et nous avons trouvé chez notre frère (l'émir de l'Etat du Qatar) la volonté d’œuvrer au bien de ses frères".
Saïd avait promis l’édification d’un pôle médical à Kairouan, lors d'une interview accordée à la télévision officielle tunisienne 100 jours après son arrivée au pouvoir.
Il a poursuivi que le projet de créer un grand marché de légumes dans la ville de Sidi Bouzid (berceau de la révolution tunisienne) n'a trouvé qu'un écho positif de la part de Cheikh Tamim.
L'émir du Qatar est arrivé lundi en Tunisie, pour une visite de deux jours, sa première depuis que Saïed a été élu président en octobre 2019.
Cheikh Tamim a entamé, dimanche, une tournée à l'étranger comprenant une visite en Jordanie, puis en Tunisie, et qu’il conclura, mardi, par sa visite en Algérie.