Esma Ben Said
29 Septembre 2017•Mise à jour: 30 Septembre 2017
AA/Yaoundé/Peter Kum
L'Organisation des Nations Unies (ONU) s'est dit très préoccupée par "la montée des tensions" au Cameroun "liées aux événements prévus le 1er octobre" dans les deux régions anglophones (Nord-ouest et le Sud-ouest), en référence à la déclaration d'indépendance annoncée par les "sécessionnistes" anglophones..
Dans une déclaration transmise vendredi à Anadolu, le porte-parole du Secrétaire Général de l’ONU, Stéphane Dujarric invite les autorités camerounaises "à poursuivre leurs efforts pour résoudre les griefs de la communauté anglophone".
Stéphane Dujarric exhorte aussi le Gouvernement camerounais à promouvoir des mesures de réconciliation nationale visant à "trouver une solution durable à la crise, y compris en traitant ses causes profondes".
L’Organisation invite, en outre, tous les sécessionnistes anglophones et le Gouvernement "à s’abstenir d’actes susceptibles de mener à une escalade des tensions et de la violence". L’ONU indique qu’elle est convaincue qu’un dialogue "large et inclusif" entre le Gouvernement et les élites du Nord-Ouest et du Sud-Ouest est " le meilleur moyen de préserver l’unité et la stabilité du pays".
Entre temps, les régions du Nord-ouest et du Sud-ouest se préparent pour déclarer leur indépendance dimanche prochain en hissant le drapeau du Southern Cameroon dans les bâtiments administratifs.
Pour empêcher l’événement du 1er octobre, le gouverneur du Sud-ouest a signé un arrêté interdisant tout regroupement des personnes dans sa région. Les deux régions ont été fortement militarisées et des interpellations des activistes se poursuivent.
La crise anglophone s'est déclenchée le 11 octobre 2016 à travers un mouvement de contestation des avocats anglophones, présents dans le Nord-ouest et le Sud-ouest du Cameroun. Ces juristes des deux régions déploraient l’absence du droit anglais dans le système judiciaire camerounais.
La crise anglophone s’est ensuite vite transformée en une revendication de fédéralisme ensuite de sécession par des activistes anglophones qui dénoncent une "marginalisation".
Les manifestations se sont multipliées, s'accompagnant de fermeture des établissements scolaires et universités et l’emprisonnement de certains universitaires et leaders politiques.
Certains d’entre eux avaient été libérés sous décret présidentiel le 30 août dernier, sans que cela ne résolve pour autant le problème.