Mohamed Hedi Abidellaoui
16 Juin 2017•Mise à jour: 17 Juin 2017
AA/ Kinshasa/ Pascal Mulegwa
Le Haut commissariat des Nations unies aux droits de l’Homme a demandé à Kinshasa de protéger l’opposant Moïse Katumbi candidat déclaré [en Mai 2016] à l’élection présidentielle prévue « en fin d’année», en République démocratique du Congo (RDC).
Cette demande fait suite à la plainte adressée par l’opposant congolais au Comité des droits de l’Homme des Nations-Unies en début juin à Genève.
« Il a été demandé à l’Etat partie (RDC) de prendre toutes les mesures nécessaires en vue que l’auteur [Moïse Katumbi] puisse rentrer en RDC et qu’il puisse participer librement et en toute sécurité, en tant que candidat, aux élections présidentielles prévues pour la fin de 2017 », a écrit mardi dernier le haut commissariat à l’avocat de Moïse Katumbi, dans une lettre consultée vendredi par Anadolu.
Le Haut commissariat indique, en outre, avoir demandé à Kinshasa de prévenir « tout risque de préjudice irréparable » contre Katumbi , et de le protéger contre « toute forme d’arrestation et de détention arbitraire », pendant deux mois, la durée de l’examen de sa plainte par le comité qui a toutefois signifié qu’il ne s’agissait pas encore d’une décision sur la recevabilité de celle-ci ni sur les fonds des allégations portées contre le pouvoir congolais.
Ancien gouverneur de la richissime province du Katanga dans le Sud-est de la RDC et proche influent du président Joseph Kabila, Moïse Katumbi est passé dans les rangs de l’opposition depuis septembre 2015 après avoir dénoncé des manœuvres du chef de l’Etat congolais pour rester au pouvoir au-delà de son deuxième et dernier mandat constitutionnel, arrivé à terme le 19 décembre dernier.
L’opposant avait par la suite été poursuivi par la justice et condamné en juin 2016, à trois ans de prison ferme dans une affaire de spoliation d’un immeuble appartenant à un citoyen grec. Il devra comparaître de nouveau, dans les jours qui viennent, devant la justice congolaise pour une affaire de recrutement de mercenaires.
Exilé en Europe depuis près de 13 mois, Moïse Katumbi a toujours annoncé qu’il allait rentrer dans son pays mais se heurte couramment aux menaces des autorités de l’arrêter une fois qu’il est en RDC.
Un rapport « confidentiel » adressé au président Joseph Kabila, en fin mars dernier, par une commission des évêques de l’Eglise catholique qui assurait la médiation dans les négociations de sortie de crise notait que la condamnation de Katumbi était une « mascarade ».
Très respectés dans ce pays, les prélats avaient alors recommandé à Kabila et à la justice « le retrait » de la décision d'arrestation immédiate de Katumbi et « son retour en homme libre afin qu'il exerce ses droits civils et politiques » en RDC.