Hafawa Rebhi
20 Novembre 2018•Mise à jour: 20 Novembre 2018
AA / Khartoum Mumin Altas, Aydogan Kalabalik et Ali Murat Alhas
Le vice-président turc Fuat Oktay s'est entretenu mardi avec le premier vice-président soudanais Bakri Hassan Saleh à Khartoum, la capitale du Soudan.
"Nous commencerons rapidement à mettre en œuvre des projets sur lesquels nous avons passé des accords. Nous commencerons également à définir un cadre qui jettera les bases du développement social de manière à aider le Soudan à reprendre pied et à avoir son mot à dire dans la région", a déclaré Oktay à l'issue de la réunion.
Après avoir souligné les "liens forts" issus d'une histoire commune que partagent Ankara et Khartoum, le responsable turc a rappelé la mission que lui a déléguée le président turc Recep Tayyip Erdogan en 2017. Erdogan, qui était alors en visite au Soudan, avait donné à Oktay des instructions claires pour aider à résoudre les problèmes du Soudan.
"Nous avons été chargés de développer un modèle économique en vue de résoudre tous les problèmes du Soudan", a-t-il ajouté. "Si les Soudanais souffrent, nous souffrons".
Les mêmes instructions, a-t-il noté, ont également été données par le président soudanais Omar al-Béchir.
Tout en attirant l'attention sur la détermination des deux présidents d'améliorer les relations turco-soudanaises, de stimuler les échanges bilatéraux et de garantir le développement continu du Soudan, Oktay a poursuivi: "Notre détermination doit être accompagnée d'un soutien technique afin que nos objectifs puissent être pleinement réalisés".
La Turquie, a-t-il noté, espère, à cet effet, contribuer à libérer le potentiel important dont dispose le Soudan dans les domaines de l'agriculture et de l'élevage.
L’Agence turque de coopération et de coordination (TIKA) a déjà commencé les travaux de restauration de l’île de Suakin, au Soudan, dans l’espoir de transformer l’île en une destination touristique majeure, a-t-il ajouté.
En outre, le vice-président turc a noté que le Soudan et la Turquie entretiennent une coopération étroite dans les domaines militaire et de la défense et que la Turquie a transféré au Soudan une grande partie de son expérience et de son savoir-faire dans les secteurs de la santé et de l'éducation.
"Nous devons rapidement mettre en place les mécanismes nécessaires pour nous assurer que les champs pétrolifères du Soudan sont opérationnels, que des terres sont allouées à l'agriculture et à l'élevage et que les échanges commerciaux sont améliorés", a ajouté Oktay, expliquant que sa visite visait d’ailleurs à faire accélérer la coopération.
"Nous devons terminer ceci maintenant; c’est pourquoi nous sommes ici. Si le processus prend trop de temps, nos citoyens devront payer le retard pour atteindre notre objectif commercial bilatéral de 10 milliards de dollars. Nous sommes toujours en retard d'un milliard de dollars", a-t-il ajouté.
Saleh a, pour sa part, remercié Oktay pour sa visite.
Soulignant également les liens historiques turco-soudanais, le responsable soudanais a noté que les relations bilatérales avaient atteint un nouveau niveau après la visite du président Erdogan au Soudan l'an dernier.
"Notre pays frère, la Turquie, se tient à nos côtés et nous soutient dans les fora internationaux", a-t-il déclaré, ajoutant que "la Turquie nous soutient également dans les affaires intérieures en nous aidant dans les projets d’hôpitaux et d’investissements".
"Le Soudan est un pays riche en termes d'agriculture, d'élevage et de pétrole", a poursuivi Saleh. "Nous avons bénéficié de l'expérience et du savoir-faire de la Turquie dans ces domaines".
"Nous devons réaliser ces projets de développement à temps afin d'atteindre nos objectifs", a ajouté le le premier vice-président soudanais.
Lors de sa visite, Oktay était accompagné du ministre turc de l'Agriculture et des Forêts, Bekir Pakdemirli, de la ministre du Commerce, Ruhsar Pekcan, du vice-ministre de l'Énergie et des Ressources naturelles, Mithat Cansiz, et de l'ambassadeur de Turquie à Khartoum, Irfan Neziroglu.