Esma Ben Said
09 Août 2017•Mise à jour: 09 Août 2017
AA/Desk
Deux manifestants ont été tués mercredi dans deux villes kenyanes lors d’affrontements entre la police et des manifestants de l’opposition qui protestaient contre "des fraudes" à la Présidentielle, d'après des médias internationaux.
"La police kényane a tiré à balles réelles aujourd'hui dans la ville de Kisumu sur des manifestants qui lançaient des pierres et protestaient contre le résultat de l'élection présidentielle", rapporte le journal français "Le Figaro".
"Les protestataires dans cette ville de l'ouest du pays étaient des partisans du chef de l'opposition Raila Odinga" précise la même source.
Dans le bidonville de Mathare, à Nairobi la capitale, un partisan d'Odinga a également été abattu par la police.
D'après le chef de la police de Nairobi, Japheth Koome, les deux personnes ont été tuées alors qu'elles profitaient des protestations pour "voler", rapporte le "Dailymail".
Les tensions étaient vives mercredi à Nairobi et dans d'autres villes du pays, où plus d'une centaine de manifestants se sont réunis pour dénoncer "une fraude", aux résultats provisoires de la Présidentielle, créditant le président sortant Uhuru Kenyatta, d'une confortable avance.
L'opposition kenyane a rejeté en bloc, les résultats provisoires de l'élection présidentielle publié mercredi à la mi-journée par la Commission électorale (IEBC).
D'après la commission qui se base sur les résultats transmis électroniquement par 94,5% des bureaux de vote, Kenyatta a obtenu 54,36% des suffrages, contre 44,77% pour Raila Odinga, sur un total de 14,4 millions de votes comptabilisés.
« Il s’agit d’une fraude d’une gravité monumentale, il n’y a pas eu d’élection », a déclaré à la presse Raila Odinga, le candidat de la coalition d’opposition Nasa.
D'après Odinga, la fraude est "informatique". Des pirates ont pris le contrôle du système de comptage des voix grâce aux codes d’accès d’un responsable informatique de la Commission électorale assassiné un peu plus d’une semaine auparavant, a-t-il dit.
En signe de refus de ces résultats provisoires, les partisans du chef de file de l'opposition Raila Odinga ont donc entamé une protestation "qui a été dispersée par la police avec des gaz lacrymogènes", a relayé le site d'informations régionales "Africanews".
Le Kenya avait plongé, en 2007, et durant deux mois, dans de violences politico-ethniques et de répression policière, faisant suite à la réélection du président Mwai Kibaki et l'alerte à la fraude de Raila Odinga.
Ces violences ont fait plus de 1100 morts et 600 mille déplacés, d'après l'ONU.