Majdi Ismail
11 Février 2021•Mise à jour: 11 Février 2021
AA/ Tunis
Le président tunisien, Kaïs Saïed, a déclaré, mercredi, que « la Tunisie est un pays indépendant qui refuse toute ingérence étrangère dans ses affaires internes ».
C'est ce qui ressort d'une séquence vidéo publiée par la Présidence de la République sur sa page officielle Facebook, au cours de laquelle Saïed s'exprime à la suite d'une réunion qu’il a tenue au palais présidentiel de Carthage, avec des élus de l'Assemblée des Représentants du Peuple (ARP/Parlement). Ladite réunion a été tenue pour examiner les raisons de la crise relative au dernier remaniement ministériel et la non invitation des 11 nouveaux ministres pour la prestation de serment.
Le chef de l’État s’est réuni avec les députés Samia Abbou, Mohamed Ammar, Hichem Ajbouni et Nabil Hajji du « Courant démocrate » (22 députés /217), Zouhair Maghzaoui et Haykal Makki du « Mouvement Echaab » (14 députés), Hatem Mliki (hors groupe), Samir Dilou et Naoufel Jammali du mouvement «Ennahdha» (53 députés), Marouane Felfel et Mustapha Ben Ahmed du parti «Tahya Tounes » (10 députés).
Kaïs Saïed a déclaré : « Je suis informé de ce qui se passe ces jours-ci, concernant les appels adressés aux représentants de pays étrangers pour leur demander d’intervenir. Nous sommes dans un pays libre et indépendant, notre cause est nationale et aucune partie étrangère ne doit s’y mêler ».
Et le président tunisien d’ajouter, « Le remaniement (ministériel) est entaché de nombreuses violations, sans compter l’absence de compétences féminines dans cette nouvelle équipe ».
Le 16 janvier dernier, le chef du gouvernement tunisien, Hichem Mechichi, avait procédé à un remaniement ministériel portant sur 11 portefeuilles (parmi 25).
Les 11 nouveaux ministres avaient obtenu la confiance du Parlement 10 jours après, cependant Saïed n’a pas adressé jusqu’à ce jour d’invitation aux nouveaux ministres pour la prestation de serment.
« Quiconque fait l’objet de soupçons (de corruption et de conflits d’intérêt), et je dispose de plusieurs informations à ce sujet, pourquoi devrait-il prêter serment et mettre la main sur le Saint Coran afin qu’Allah et le peuple soient témoins de son respect de la Constitution ?! », s’est interrogé le président tunisien.
« Il y a un État et des institutions, et quiconque prétend que le bon fonctionnement des institutions a été entravé, en est le premier responsable et non le chef de l’État », a-t-il assuré.
Le chef du gouvernement avait averti, plus tôt mercredi, que « la Tunisie traverse l'une des périodes les plus difficiles de son histoire, aux niveaux économique, social, constitutionnel et institutionnel ».
« La présidence de la République n'est pas vacante et je n’ai pas qu’un rôle symbolique à jouer, comme certains l'ont prétendu. Je ne laisserai pas la Tunisie à la merci de ces conflits », a souligné Kaïs Saïed.
Le président de la République a indiqué que la résolution de la crise engendrée par le remaniement ministériel, « doit se faire dans le respect du texte de la Constitution et non par la recherche d’une issue juridique impossible ou encore en ayant recours à des interprétations et des Fatwas qui transgressent la Loi fondamentale ».
De son côté, Mechichi s’est réuni mercredi avec un groupe de constitutionnalistes et de doyens des facultés de Droit, dans le but « d'entendre leurs propositions et opinions face à une telle situation qui a porté atteinte aux intérêts de l’État », avait indiqué la Présidence du gouvernement par voie de communiqué.
*Traduit de l’arabe par Majdi Ismail