Yosra Ouanes
09 Avril 2021•Mise à jour: 09 Avril 2021
AA / Tunisie / Yosra Ouanes
Le président tunisien Kaïs Saïed a déclaré que " la Tunisie a besoin d'un parlement national respectable et d'un ministère pleinement responsable (en référence au gouvernement). "
C'est ce qui ressort d'un discours de Saïed lors de sa participation, vendredi matin, à la cérémonie de commémoration du 83e anniversaire de la Journée des martyrs dans la capitale, Tunis.
Saïed a déclaré : "La Tunisie est malade et si le médecin va à la pharmacie pour lui procurer son médicament... le médicament serait un parlement national respectable et un ministère pleinement responsable."
" La Tunisie est malade et il est impératif qu'elle quitte le lit et se rétablisse", a-t-il ajouté.
Et de poursuivre : "L'harmonie et la pérennité des institutions de l'État se réalisent dans le respect total des objectifs de la Constitution, car celle-ci n'est pas un outil de gouvernement, mais plutôt un outil pour réaliser la liberté et un équilibre positif entre l'autorité et les citoyens."
Saïed a refusé, samedi, de ratifier la loi sur la Cour constitutionnelle, quelques jours après que le Parlement ait apporté des modifications à la loi, notamment en réduisant la majorité requise pour élire ses membres de 145 à 131 députés.
La Cour, organe judiciaire prévu par la Constitution de 2014, comprend 12 membres, dont 4 sont élus par le Parlement, 4 sont choisis par le Conseil supérieur de la magistrature (une institution constitutionnelle indépendante) et 4 sont nommés par le président de la République.
La cour est compétente pour contrôler les projets d'amendement de la Constitution, les traités et les projets de loi, les lois et le règlement intérieur du Parlement, ainsi que pour statuer sur le maintien de l'état d'urgence et les litiges relatifs à la présidence et aux compétences du gouvernement.
Au cours de la dernière période, le Parlement n'a pas été en mesure d'élire 3 membres de la Cour, n'en ayant choisi qu'un seul, en raison de divergences politiques, chaque bloc politique s'en tenant à son candidat.
Un différend oppose le président Kaïs Saïed et le chef du gouvernement Hichem Mechichi depuis le 16 janvier, après le remaniement partiel du gouvernement annoncé par Mechichi, alors même que le président n'a toujours pas invité les nouveaux ministres à prêter le serment constitutionnel devant lui, considérant que le remaniement était entaché de "vices".
Dans un autre contexte, Saïed a ajouté, en s'adressant au chef du gouvernement, qui était présent à la cérémonie, que " les décisions préventives qui ont été prises récemment, notamment le couvre-feu, devraient être revues et adaptées en fonction de l'évolution de la situation. "
Les autorités tunisiennes ont décidé, mercredi, de fixer les heures du couvre-feu dans tous les gouvernorats du pays de sept heures du soir à cinq heures du matin, pour la période allant du 9 au 30 avril, alors qu'elles étaient de dix heures du soir à cinq heures du matin.
Plusieurs secteurs économiques en Tunisie, dont les propriétaires de cafés et de restaurants, rejettent ces mesures et demandent qu'elles soient modifiées, d'autant plus qu'ils seront obligés de fermer la nuit pendant le mois de jeûne.
*Traduit de l’Arabe par Mourad Belhaj