Lassaad Ben Ahmed
10 Novembre 2017•Mise à jour: 10 Novembre 2017
AA/Malabo/Fabien Essiane
La Guinée équatoriale, petit Etat pétrolier d’Afrique centrale, vote, dimanche 12 novembre pour renouveler son parlement, son sénat et ses conseils municipaux.
Ces élections constituent la neuvième échéance électorale depuis l’indépendance du pays en 1968.
Avec 1.220.000 habitants en 2016, selon les données de la Banque mondiale, la Guinée équatoriale est considérée comme un pays peu peuplé. C’est l’un des plus petits Etats africains.
Ils seront, donc, 325.554 électeurs, selon le ministère de l’Intérieur, à voter dimanche pour élire les 100 députés, les 55 sénateurs et les 244 conseillers municipaux.
Mais ce scrutin s’annonce sans enjeux, puisque le Parti démocratique de Guinée équatoriale (PDGE) qui avait déjà remporté 99 sièges aux dernières élections législatives en 2013, enregistrera vraisemblablement une victoire écrasante, avec des miettes pour l’opposition, fragilisée par la politique hégémonique du parti au pouvoir.
Il s'agit du parti du président Teodoro Obiang Nguema Mbasogo, au pouvoir depuis 1979, qui a remporté les élections législatives successives tenues tous les quatre ans depuis 1983.
A la tête de la coalition de dix-huit partis politiques, le PDGE, fondé le 11 octobre 1987, en tant que parti unique du pays, est demeuré au pouvoir depuis l’instauration officielle du multipartisme en 1991.
Il a été réélu en 2016 avec plus de 93% des voix pour un cinquième mandat de sept ans.
La seule inconnue pour cette échéance sera, donc, l’ampleur de sa victoire.
Pour rappel, la législature sortante compte un seul député d’opposition issu du parti Convergence pour la Démocratie Sociale (CPDS).
S’agissant des opposants politiques «beaucoup sont incarcérés ou poussés à l’exil sous prétexte de lutte contre le terrorisme», explique à Anadolu Perico Ondo’o Obiang spécialiste des droits de l’homme et chercheur indépendant Équato-guinéen.
«La Guinée équatoriale est un Etat autoritaire » explique-t-il. «Au lieu de renforcer à chaque scrutin les institutions et d'ouvrir des espaces de démocratie, propices à la tenue d’élections libres et honnêtes, l’Etat Equato-guinéen a, surtout, amélioré sa surveillance physique et technologique pour permettre au Parti Démocratique de Guinée équatoriale, au pouvoir depuis 30 ans, d’exercer un contrôle total sur la population. »
Quatre partis politiques se présentent face au PDGE (parti démocratique de Guinée Equatoriale) et sa coalition de quatorze partis.
Une figure de l’opposition, Gabriel Nse Obiang Obono, du parti Citoyen pour l’Innovation (CI), a vu sa candidature invalidée. Le parti qui affirme être le principal parti d’opposition en Guinée équatoriale, a dénoncé au mois d’août, sa mise à l’écart du processus électoral.
«Le gouvernement veut en finir coûte que coûte avec le CI», a noté à Anadolu Gabriel Nse Obiang, président du parti.
Il a appelé le parti présidentiel, le PDGE, à «ne pas avoir peur» du CI. Le parti d’opposition, autorisé en novembre 2015, n’a pour l’heure jamais participé à une élection dans le pays, mais rassemble de nombreux militants lors de ses meetings.
Rentré en Guinée équatoriale en 2014 après 13 ans d’exil en Espagne, Gabriel Nse Obiang avait été interdit de se présenter à l’élection présidentielle de 2016 car il n’avait pas vécu dans le pays les cinq années précédant le vote.
En avril dernier, il a été jugé et condamné à six mois de prison pour «injures aggravées» envers le PDGE. Interdit de quitter le territoire national, il a en outre été condamné à verser 50 millions de francs CFA (76.000 euros) au PDGE et 200.000 FCFA (300 euros) à l’Etat, et à ne plus exercer une activité politique pour une durée indéterminée.
L’opposant a fait appel à la Cour suprême équato-guinéenne, qui a confirmé le verdict en octobre dernier, l’assignant même à résidence.