Nadia Chahed
19 Juin 2017•Mise à jour: 20 Juin 2017
AA/Tunis
Le procès de Teodorin Obiang, le fils du président de Guinée équatoriale, dans l’affaire de biens mal acquis, s'ouvre lundi 19 juin devant le tribunal correctionnel de Paris, ont rapporté des médias français.
"Teodorin Obiang est accusé de s'être bâti en France un patrimoine considérable en détournant des fonds publics, selon les juges d'instruction français", précise Radio France Internationale (RFI) dans son édition de lundi.
Après un faux départ en janvier avec un report de six mois à la demande des avocats de la défense et en l’absence du prévenu, neuf audiences sont prévues jusqu’au 9 juillet au tribunal correctionnel de Paris, dans le tout premier procès de l’affaire des biens mal acquis, une procédure entamée il y a dix ans, indique encore le média français
Selon la même source, tout a commencé avec le rapport « Biens mal acquis… profitent trop souvent » publié en 2007.
Une première plainte déposée l’année suivante n’aboutit pas, note encore RFI, ajoutant que les ONG repartent à l’offensive en 2010 lorsque la Cour de cassation reconnaît leur droit à se porter partie civile.
L’enquête sur les biens du fils Obiang s’ouvre alors, "ponctuée de perquisitions spectaculaires. Il faut ainsi plusieurs jours aux policiers parisiens pour inspecter les 4 000 mètres carrés de son hôtel particulier. Ils remplissant les camions de bijoux, d'œuvres d’arts et de grands crus sans oublier quelque 18 voitures de luxe", précise la même source.
En 2012, un mandat d’arrêt international est émis contre Teodorin Obiang qui refuse, malgré sa mise en examen, de répondre aux questions des juges.
Si du côté des ONG et de l'opposition équato-guinéenne on se réjouit déjà du démarrage d'un procès tant attendu, du côté de la défense on estime qu'il s'agit bien d'une « première mondiale », mais dans le mauvais sens.
Pour l’avocat de Teodorin Obiang, Emmanuel Marsigny, cité par RFI, ce procès est « la tentative des parties civiles de donner une compétence juridictionnelle universelle à la France pour juger d’infractions commises en Guinée équatoriale. ».
Il estime par ailleurs que tel est le « véritable enjeu de ce procès » et la raison pour laquelle la Cour internationale de justice à La Haye a été saisie.
Malabo rejette, en effet, le droit à la France de juger l'un de ses gouvernants. La procédure est en cours. Une manœuvre dilatoire de plus rétorque les parties civiles, comme l’association Sherpa, à l'origine des poursuites, note enfin RFI.