Esma Ben Said
29 Décembre 2017•Mise à jour: 31 Décembre 2017
AA/Paris/Patrick Juillard
Seul joueur africain à avoir obtenu le Ballon d’Or, c’était en 1995, George Weah a depuis plus de dix ans délaissé le football pour se lancer dans la politique. A 51 ans, il décroche le poste de président du Libéria, succédant ainsi à Ellen Johnson Sirleaf.
Mais qui est vraiment « Mister George » ?
Né le 1er octobre 1966 à Monrovia, George Weah gravit les échelons du football libérien et porte les couleurs de Mighty Barolle et Invincible Eleven, les deux plus grands clubs du pays, avant de rejoindre le Tonnerre de Yaoundé au Cameroun.
Mis en contact avec l’AS Monaco par Claude Le Roy, l’attaquant arrive en Europe à 22 ans. Le club princier voit s’affirmer un buteur puissant et efficace. Quatre saisons en une finale de Coupe des Coupes plus tard, George Weah signe au Paris Saint-Germain.
L’ascension se poursuit. En trois saisons, le buteur trouve le chemin des filets à 55 reprises (en 137 matchs, avec notamment 8 buts en Ligue des Champions lors de la saison 1994-1995). Sollicité par le Milan AC, Weah accepte l’offre italienne et quitte le PSG un an avant sa victoire en Coupe des Coupes.
Son arrivée est marquée par l’obtention du Ballon d’Or France Football, notamment pour ses exploits de l’exercice précédent sous le maillot du PSG. Premier joueur non-européen à obtenir cette prestigieuse récompense individuelle, George Weah remporte deux titres de champion d’Italie avec le club rossonero, en 1996 et en 1999.
Sa fin de carrière, moins glorieuse, est marquée par de brefs passages à Chelsea puis Marseille, ainsi que par un échec en équipe nationale : emmenée par George Weah, la « Lone Star » manque pour un point la qualification au Mondial 2002. Alors âgé de 35 ans, le joueur file aux Emirats arabes unis pour deux saisons lucratives.
Présentée comme le plus grand joueur africain du vingtième siècle par la FIFA, la star du football change de vie en se lançant dans la politique, sous la bannière du parti du Congrès pour le changement démocratique (CDC).
A l’étranger durant les années de guerre civile traversées par le Liberia, George Weah se présente en homme neuf. Sa principale rivale, l’économiste Ellen Johnson Sirleaf, pointe d’ailleurs son manque d’expérience. Avec 40,4 % des voix, Weah est battu mais ne renonce pas à son ambition.
De nouveau défait en 2011, alors qu’il s’était présenté pour la vice-présidence, George Weah prend une première revanche en 2014. Le 28 décembre, l’ancienne gloire du PSG est élu sénateur du conté de Montserrado, province qui comprend la capitale Monrovia, avec 78 % des voix, contre 11% à Robert Sirleaf, fils de la présidente, atteinte par la limite constitutionnelle de deux mandats.
Candidat à la succession d’Ellen Johnson Sirleaf en 2017, George Weah articule son discours autour de deux axes principaux : la lutte contre la corruption, dont il accuse le Pari unifié (PU) de la présidente sortante, et le combat contre la pauvreté.
Celui qui a toujours revendiqué ses origines modestes (« Je suis né dans le ghetto, j’ai vécu dans le ghetto. Nous nous battions pour survivre », déclarait-il durant sa carrière) a mené campagne dans les bidonvilles de Monrovia. Ces quartiers misérables de la capitale sont peuplés par des Libériens qui, comme George Weah, sont souvent issus des populations autochtones et non de l’élite américano-libérienne, descendante d’esclaves affranchis qui domine le pays depuis sa naissance en 1822.
L’ancienne star du football international remporte finalement 61,5 % des voix lors du second tour de l’élection présidentielle du mardi 26 décembre, contre 38,5 % pour le vice-président Joseph Boakai, selon la Commission électorale nationale (NEC).