Aksil Ouali
05 Juin 2026•Mise à jour: 05 Juin 2026
Les travaux de réalisation du projet du gazoduc transsaharien (TSGP) devant servir à l’acheminement du gaz du Nigeria vers l’Europe en passant par le Niger et l’Algérie sont officiellement lancés. Les premiers coups de pioche ont été donnés, jeudi, à Adrar, dans le sud algérien, en présence des ministres chargés des hydrocarbures d’Algérie, Mohamed Arkab, du Nigeria, Ekperikpe Ekpo, et du Niger, Hamadou Tini.
Les ministres étaient accompagnés sur les lieux par les PDG des compagnies pétrolières des trois pays, respectivement Sonatrach, NNPC et Sonidep. Le début des travaux intervient après la validation, mercredi à Alger, de l’étude de faisabilité de chantier qualifié par les observateurs de « titanesque ».
« Cette initiative concrétise les conclusions de la cinquième réunion ministérielle du comité directeur du projet de gazoduc transsaharien et marque le passage aux phases opérationnelles et d’exécution », a indiqué le ministère algérien des hydrocarbures dans un communiqué.
Selon la même source, le TSGP de « l’un des plus grands projets énergétiques stratégiques du continent africain, » qui « incarne la volonté des trois pays de renforcer la coopération et le partenariat dans le domaine de l’énergie, et de soutenir la sécurité énergétique et le développement économique durable ».
Long de plus de 4 000 kilomètres, le gazoduc sera d’une capacité de transport de 20 à 30 milliards de mètres cubes de gaz par an. Ce qui en fait l’un des plus importants projets d’infrastructures énergétiques en Afrique et dans le monde.
Il est destiné principalement à l’acheminement du gaz naturel du Nigeria vers l’Algérie en passant par le Niger, avant son expédition vers les marchés régionaux et internationaux et ce, a expliqué Mohamed Arkab, « grâce aux infrastructures de l’Algérie dans les domaines du traitement, du transport, de la liquéfaction et de l’exportation du gaz naturel ».
L’idée de réaliser un gazoduc reliant le Nigeria à l’Algérie a germé dans les années 1980. Mais l’accord concrétisant la mise en œuvre du gazoduc Transsaharien n’a été signé que le 3 juillet 2009 par les gouvernements de l’Algérie, du Nigeria et du Niger. En juillet 2016, à l’occasion du 27e sommet ordinaire de l'Union africaine, le Nigeria avait réaffirme sa volonté d’engager le lancement du gazoduc Transsaharien, prévus d’être détenu à 90 % par Sonatrach et la NNPC, et à 10 % par la Compagnie nationale du pétrole du Niger.
Le 11 février 2025, les trois pays ont signé des accords pour accélérer la réalisation du gazoduc transsaharien. Le coût de ce projet n’a pas été révélé pour l’instant par les concernés.