Nadia Chahed
11 Avril 2019•Mise à jour: 16 Avril 2019
AA/Tunis
Face à la colère grandissante des lycéens qui protestent depuis le début de la semaine contre un changement du système de bourses d’études, le gouvernement du Gabon a décidé de suspendre les cours dans tout le pays jusqu’à nouvel ordre, ont rapporté jeudi des médias locaux et étrangers.
"L’ensemble des établissements scolaires publics sont touchés par cette mesure de suspension des cours", précise le quotidien belge "La Libre" dans son édition Afrique.
Le ministre de l’Education nationale, Michel Menga M’Essonne, a annoncé dans un communiqué publié mercredi soir, "la suspension des cours jusqu’à nouvel ordre", rapporte la même source.
Et de préciser que cette décision fait suite à la vague de mobilisation des lycéens, qui manifestent depuis lundi dans les rues des principales villes du pays.
Les lycéens protestent contre le changement des modalités d’attribution des bourses, entériné fin mars, note encore le média belge.
Un décret fixe désormais à 19 ans l’âge maximum pour y avoir droit et exige au moins 12 de moyenne au bac.
Cette réforme, dont l’effet sera de réduire sensiblement le nombre d’étudiants susceptibles de prétendre à cette bourse universitaire, a provoqué la colère des élèves du secondaire qui ont largement suivi l’appel d’organisations lycéennes à descendre dans les rues, poursuit la même source.
Mercredi, plusieurs centaines de lycéens avaient ainsi manifesté à Libreville et dans les principales villes du pays, demandant au gouvernement de reculer et de rétablir les bourses universitaires pour tous les lauréats au baccalauréat.
Lundi, le Premier ministre, Julien Nkogue Bekale, avait défendu la nouvelle mesure devant la presse, invoquant notamment les difficultés économiques rencontrées par le Gabon.
Les principaux dirigeants de l’opposition ont apporté leur soutien aux lycéens. Parmi eux, Jean Ping, candidat battu à la présidentielle de 2016 par Ali Bongo Ondimba, mais qui revendique toujours sa victoire trois ans après.