Lassaad Ben Ahmed
08 Janvier 2019•Mise à jour: 09 Janvier 2019
AA / Bujumbura / Jean Bosco
Plusieurs chefs d’Etat africains et organisations panafricaines ont réagi et condamné le coup d’Etat manqué survenu lundi au Gabon.
Le Président burundais, Pierre Nkurunziza est de ceux qui ont immédiatement condamné cet acte. «Le Burundi condamne avec la dernière énergie cette démarche antidémocratique», a-t-il déclaré.
Le Président burundais a en outre félicité «les forces loyalistes qui ont vite rétabli l'ordre».
Le président tchadien Idriss Deby Itno, par ailleurs président en exercice de la Communauté économique et monétaire des États de l’Afrique centrale (Cemac), a également exprimé sa vive condamnation.
«En tant que président en exercice de la Cemac, je condamne fermement cette action et rappelle que tout changement anticonstitutionnel ou toute prise de pouvoir par les armes constitue une aberration et une violation des principes fondateurs de l’Union africaine. Je salue la prompte réaction des loyales forces de défenses et de sécurité qui ont mis en échec cette visée subversive », a-t-il déclaré dans un communiqué de presse.
La Cemac regroupe six pays: le Gabon, la Guinée équatoriale, le Cameroun, le Congo-Brazzaville, la République centrafricaine et le Tchad.
De son côté, l’Union africaine a également condamné cette action menée par un groupe de la Garde républicaine.
«L’Union africaine condamne fermement la tentative de coup d’Etat intervenue ce matin au Gabon », a déclaré sur son compte twitter Moussa Faki Mahamat, président de la Commission de l’Union africaine.
«Je réaffirme le rejet par l’UA de tout changement anticonstitutionnel », a-t-il ajouté.
Lundi matin à 4 heures, un groupe de militaires qui se réclament de la garde républicaine a dit «avoir pris ses responsabilités et le pouvoir», après avoir investi les locaux de la radio d'État.
Dans un communiqué lu à la radio par le lieutenant Ondo Obiang Kelly, les militaires ont annoncé la mise en place dans les prochaines heures d'un «Conseil national de la restauration».
Le communiqué a été lu au nom du Mouvement patriotique des jeunes des forces de défense et de sécurité.
Quelques heures après, le ministre gabonais de la Communication Guy-Bertrand Mapangou, porte-parole du gouvernement, a déclaré que «les mutins ont été arrêtés par les unités du GIGN gabonais», suite à leur prise de contrôle du siège de la radio d'État, lundi à l’aube.
«La situation est sous contrôle et l'ordre sera complètement rétabli dans deux ou trois heures», a-t-il poursuivi.
Le ministre a fait savoir mardi que 7 putschistes ont été arrêtés et deux autres ont été tués. Il avait donné, lundi, un bilan de 4 arrestations et un officier en fuite.
La diffusion de la radio d’Etat prise par les putschistes a été coupée, tout comme internet et les réseaux sociaux.
Le président gabonais, Ali Bongo Ondimba, n’a pas encore réagi.
Le président gabonais poursuit sa convalescence à Rabat, capitale du Maroc, après plus d'un mois d'hospitalisation en Arabie saoudite pour un accident vasculaire cérébral survenu le 24 octobre dernier.