Nadia Al Chahed
10 Septembre 2016•Mise à jour: 11 Septembre 2016
AA/Libreville/Jean Yves Ntoutoume
Au Gabon, la crise post-électorale avec ses contestations et son lot de morts a, quand même, réussi à faire quelques "heureux", Il s’agit des bien inspirés qui savent tirer profit de la crise et trouver les bons filons pour ce faire.
Hugues fait partie de cette catégorie, son filon consiste à installer des applications mobiles permettant l'accès aux réseaux sociaux, coupés depuis le 31 août, date de la proclamation des résultats contestés de la Présidentielle.
Chaque jour, depuis que la situation a commencé à se calmer et que le réseau Internet a été rétabli, lundi dernier, ce jeune Gabonais installe son stand de fortune devant l'ancienne gare-routière de Libreville entre les 2ème et 3ème arrondissements et se met au travail. Une longue file ne tarde pas à se former.
Moyennant 2000 FCFA (4 dollars), les clients partent contents, leur application bien installée, constate le correspondant d'Anadolu. Cependant, ils devront faire la même chose le lendemain, étant donné que l'application en question n'est valable que 24 heures.
"Il m'a installé cette application hier. J'ai eu juste le temps de recevoir et d'émettre quelques messages sur Wattsap et Facebook. Et la nuit, je n'avais plus d'accès"n témoigne, Julien, revenu voir Hugues.
Soucieux de bien satisfaire sa clientèle, Hugues a décidé de ne les faire payer qu'une fois le prix de l'application même si ils reviennent le voir pour une ré-installation.
Depuis la proclamation des résultats de la Présidentielle gabonaise donnant le président sortant Ali Bongo vainqueur, les partisans de Jean Ping, son principal challenger de l'opposition, sont aussitôt sortis contester ces résultats jugés "faussés". Les émeutes occasionnés ont fait des morts et plusieurs blessés.
L'accès à internet a, dans la foulée, été coupé et n'a été rétabli que depuis quelques jours alors que les réseaux sociaux ont été maintenus inaccessibles, mesure qui visent selon des observateurs de "faire le black-out sur ce qui se passe au Gabon".