Mohamed Hedi Abidellaoui
21 Mars 2017•Mise à jour: 22 Mars 2017
AA/ Kinshasa/ Pascal Mulegwa
Le risque de violences électorales reste élevé dans les zones urbaines en République démocratique du Congo (RDC), a averti mardi le responsable de la mission de l’ONU en RDC (MONUSCO) devant le conseil de sécurité à New-York.
« Le risque de violence électorale reste élevé, surtout dans les zones urbaines. Aussi longtemps que le dialogue politique demeure dans une impasse, les tensions risquent de monter », a déclaré Maman Sidikou devant le conseil de sécurité de l’ONU siégeant sur la situation politique et sécuritaire en RDC.
Cette impasse, a affirmé Sidikou, était la cause des attaques en février dernier contre des séminaires et paroisses de l’Eglise catholique à Kananga (Centre), Kinshasa (capitale) et Lubumbashi (Sud-est), à cause « des frustrations accrues au sein de certains segments de la population qui voient le processus politique s’enliser ».
Le chef de la Monusco a, en outre, signalé que la mort de l'opposant Etienne Tshisekedi, le 1er février dernier en Belgique, a eu un impact significatif sur le processus politique dans le pays, « retardant davantage la finalisation de l’arrangement particulier, la désignation du Premier ministre et l’établissement du Comité national de suivi de l’Accord et du processus électoral (CNSA) ».
Pour sa part, le chef de la diplomatie congolaise Leonard She Okitundu, a plaidé devant le même conseil pour le renouvellement du mandat de la Monusco, « à condition de renforcer ses capacités d’actions pour le rétablissement d’une paix durable ».
Le 10 mars dernier, le secrétaire général de l’ONU Antonio Guterres avait proposé au Conseil de sécurité d’envoyer 320 casques bleus supplémentaires en RDC pour améliorer les capacités de la mission (onusienne) à protéger les civils, le personnel de l’ONU et ses installations, en cas de violences liées aux élections.
Selon Guterres, ces forces devraient être déployées dans les villes de Lubumbashi et de Kananga « qui risquent d’être des points chauds, lors des élections et où il n’y a point de casques bleus pour le moment ».
Plus grand pays d’Afrique subsaharienne, la RDC n’a jamais connu une transition apaisée depuis son indépendance en 1960. Le pays traverse une crise politique et sécuritaire accrue, en raison de la non- tenue des élections dans les délais (novembre 2016). Kinshasa a invoqué le manque de moyens financiers, alors que l’opposition a reproché au président Joseph Kabila de manœuvrer en vue de rester au pouvoir au-delà de son deuxième et dernier mandat constitutionnel qui a pris fin le 19 décembre dernier.