Nadia Chahed
22 Juin 2017•Mise à jour: 23 Juin 2017
AA/Abidjan/Fulbert Yao
La commémoration de la Nuit du Destin (Laylatoul-Qadr- la Nuit Révélation du Saint Coran) qui a été célébré dans la nuit de mercredi à jeudi, en Côte d’Ivoire, a revêtu une dimension particulière pour les jeunes bacheliers musulmans. .
La majorité des prières des prières des étudiants furent en effet consacrés aux examens de fin d’année, notamment le baccalauréat dont les épreuves se déroulent au même moment que le mois sacré de jeûne dans l’Islam, ont confié les jeunes fidèles rencontrés à Abidjan par Anadolu.
Pour Coulibaly Habiba, candidate à l’examen du Baccalauréat comptabilité, le fait que le mois de Ramadan coïncide avec le début des examens est en réalité « bien plus une chance qu’une double épreuve ».
« Même si le jeûne qui prend fin dans quelques jours n’a pas tous les jours été facile, surtout avec la chaleur, je suis sereine et je suis convaincue que je pourrais profiter des grâces divines en ce mois saint », assure la jeune femme qui « a beaucoup prié, y compris durant la Nuit du Destin ».
A l’instar des quelques 242.910 candidats qui composent au Baccalauréat 2017 sur toute l’étendue du territoire ivoirien du 20 juin au 7 juillet, selon le ministère de l’éducation nationale, Coulibaly Habiba se doit d’être concentrée.
« Je n’ai pas de problème à réviser, ni à composer et ce malgré la faim, la soif et le stress. Au contraire, la foi me permet de tenir ! », lance-t-elle encore.
« On a même de la chance que le bac tombe durant le mois de ramadan. Au moins, grâce à nos prières, Dieu nous pardonne et peut nous faire grâce du bac», dit-elle le sourire aux lèvres.
Diallo Fatoumata, est en terminale littéraire. Elle aussi est bachelière. «Avant de venir en salle pour composer, je fais de longues prières. C’est très important pour moi», dit-elle, assurant que le jeûne ne la fatigue pas ».
Pour la jeune étudiante, « concilier les deux épreuves, est une véritable bénédiction. Je suis convaincue qu’avec ça, Dieu pourra me donner le Baccalauréat», ajoute-t-elle, pleine d’espoir.
Nanan Habibata, une autre lycéenne musulmane, observe également le ramadan. En plein révision avec quelques camarades dans une salle de classe, au sein du Lycée municipal de Marcory (sud d’abidjan) cette élève, de 18 ans en série littéraire, elle apprend «par cœur » des citations.
Pour la jeune fille, la plus difficile épreuve n’est pas le jeûne, mais « le manque de reposer ».
«Jeûner, réviser, finir à 23h le soir, parfois, se réveiller à 4 heures du matin et étudier jusqu'à 6h du matin, c’est fatiguant, je manque vraiment de sommeil », lâche-t-elle.
« Et pourtant, avec tout ça, je trouve que cette période est sacrée car elle me permet d’adresser mes prières à Dieu afin qu’il m’accorde la réussite », ajoute-t-elle.
En Côte d’Ivoire, le ramadan a débutée depuis le 27 mai dernier. Les musulmans représentent près de 40 % d'une population totale de plus de 23 millions d'habitants.