AA/ Niamey- Antananarivo- N'Djamena- Tunis/ Kané Illa- Sandra Rabearisoa- Mahamat Ramadane/ Synthèse de Mohamed Abdellaoui
« L'homme est le terme unique d'où il faut partir et auquel il faut tout ramener », a-t-on dit un jour. L’approche turque pour ses relations avec le continent africain coule de source.
De Niamey à Anatananarivo en passant par N’Djamena, Dodoma et Mogadiscio, les constantes régissant la coopération turco-africaine puisent dans des valeurs qui servent et l’Homme et le dialogue civilisationnel universel.
*Les fondements d'une vraie coopération jetés
Établie depuis 1996, la coopération entre la Turquie et le Niger a, en effet, incontestablement pris un nouvel élan à partir de 2012, avec une politique d’ouverture turque vers l’Afrique, sous l’impulsion de Recep Tayyip Erdogan, alors Premier ministre. Depuis lors, presque tous les fondements d’une vraie coopération entre les deux pays ont bel et bien été jetés. Dans une interview accordée au quotidien national «Le Sahel », l’ambassadeur de Turquie au Niger, Hasan Ulusoy, a indiqué que la coopération entre son pays et le Niger embrasse de nombreux secteurs comme «la santé, à travers des missions d’équipes de chirurgiens ophtalmologues de la cataracte ; l’éducation, à travers la création de l’école turque, l’eau et l’assainissement puisque des ONGs turques et l’Agence de coopération et de coordination (Tika) ont construit environ 300 forages».
Plusieurs conventions de partenariats ont également été signées entre la Chambre de commerce et d’industrie du Niger et les associations patronales du secteur privé turc. La compagnie aérienne Turkish Airlines assure, depuis 2012, trois vols hebdomadaires entre Istanbul et Niamey. Sur le plan politique et diplomatique, la Turquie et le Niger ont signé, en 2013, un mémorandum d’entente relatif à la formation diplomatique et à l’échange de documentations et d’informations, ainsi qu’à des échanges à travers l’organisation de conférences et de séminaires entre les universitaires, les experts et fonctionnaires turcs et nigériens.
Volet formation professionnelle et technique, la Turquie offre des bourses à des jeunes nigériens pour se perfectionner dans divers domaines.
*L’éducation et la santé, socle de tout progrès
A Madagascar, la Turquie se démarque par ses activités humanitaires, assurées par la TİKA et ses efforts visant le transfert d’un si précieux savoir. Le 21 mars dernier, une remise de dons de matériels informatiques de la part de la Turquie s’est effectuée au Palais du Sénat de Madagascar.
L’année dernière, à l’occasion de la visite d’une délégation d’hommes d’affaires turques à Madagascar en avril 2016, l’Ambassadeur, Volkan Türk Vural, et la délégation ont inauguré une salle d’informatique dans la Commune d’Ivato, à Antananarivo. Cette salle est une donation de l’Agence Turque de Coopération et de Coordination (TİKA).
Ankara ne déroge aucunement à la règle, également, au Tchad avec qui les relations sont, à bien des égards, séculaires. Depuis 2011, le pays du Bosphore a ouvert son marché potentiel aux opérateurs économiques du Tchad.
Saluant cette démarche stratégique, l’économiste tchadien, Issa Abdelmamout, a déclaré à Anadolu : « Avec une population estimée à environ 80 millions de personnes, la Turquie représente un important marché de consommation pour les produits agropastoraux tchadiens ».
Environ 1700 tonnes de viande, d’arachide, de sésames et de gomme arabique sont exportés chaque semaine par voie aérienne vers la Turquie. En contrepartie, les commerçants tchadiens importent lingeries et ciment, produits très appréciés par les Tchadiens, d’après la même source. « Un échange commercial sud-sud vraiment gagnant-gagnant à préserver», prône l’économiste.
Sur un autre plan, plus de 300 étudiants tchadiens ont bénéficié de bourses de la part d’Ankara pour étudier dans les universités turques et les instituts de formation professionnelle, selon le ministre de l’Enseignement supérieur tchadien, Mackaye Hassan Taïsso.
Dans le cadre d’un jumelage entre les deux villes-capitales, la commune d’Istanbul a aidé sa sœur de N’Djamena a mieux professionnaliser le service capital de protection civile, en assurant la formation de plusieurs cadres et agents, selon la maire de la ville de N’Djamena, Mariam Djimet Ibet. Istanbul a, de surcroît, offert des engins et des matériels de ménages à hauteur de plusieurs millions de dollars à la mairie de N’Djamena, en vue de garantir la salubrité de la capitale.
Djimet Ibet dit œuvrer à consolider ce partenariat qui profite tant à la population de sa ville et de son pays.
* Le 3ème plus grand fournisseur d’aide humanitaire sert la paix en Afrique
En Tanzanie, la Turquie est présente à travers des projets visant à améliorer la condition des populations locales. Une voie de chemin de fer entre Dar es Salam et Morogoro sera construite par une entreprise turque. En Somalie, la Tika a construit deux grands hôpitaux à la pointe du progrès à Nyala et à Mogadiscio, villes en proie aux conflits depuis des décennies.
Globalement, la Turquie a, au demeurant, mobilisé plus de 3,3 milliards de dollars américains au développement et à l'aide humanitaire mondiale en 2014 ; la part reçue par l'Afrique subsaharienne dans l'aide officielle turque ayant significativement augmenté ces dernières années passant de 38 millions de dollars américains en 2010 à 782,7 millions de dollars américains en 2013, selon le site officiel du ministère turc des Affaires étrangères. Le pays s’est ainsi classé troisième plus grand fournisseur d'aide humanitaire à la fois en 2013 et 2014, d’après le rapport sur l’Aide humanitaire mondiale (2015).
En 2016, les aides extérieures de la Turquie se sont, de surcroît, élevées à 5,7 milliards de dollars en 2016, selon le directeur général des Affaires politiques multilatérales au sein du ministère turc des Affaires étrangères, l'ambassadeur Hasan Ulusoy.
Cette aide humanitaire s’étend au secteur de la santé, étant donné que la Turquie « organise non seulement des programmes de formations professionnelles au profit des médecins et infirmiers africains, mais fournit également du dépistage médical et offre des traitements gratuits pour des milliers de patients qui ne peuvent en obtenir un dans les conditions locales ».
En matière d’éducation et à plus grande échelle, la Turquie fournit environ un millier de bourses chaque année pour les étudiants en provenance d'Afrique. Plus de cinq mille étudiants africains étant inscrits dans des universités turques.
S’employant à préserver un climat de paix et de stabilité, gages de tout progrès en Afrique, la Turquie contribue aux missions onusiennes déployées à travers le continent. Août 2015, la Turquie participe à sept des neuf missions des Nations Unies existantes en Afrique avec ses policiers et militaires, selon le ministère des Affaires étrangères. Dans la même perspective, à la fin de 2014, une formation militaire a été fournie en Turquie pour 2 200 militaires issus de divers pays africains.
Le pays du Bosphore qui a déjà accueilli plusieurs conférences régionales, continentales et internationales sur les questions africaines réalise, du reste, que le continent africain serait mieux servi dès lors que l’on admet qu’ « un humanisme bien ordonné place le monde avant la vie, la vie avant l'homme, le respect des autres êtres avant l'amour-propre ».