Économie, Afrique

Economie : La Tunisie se compare aux pays de l’OCDE

« Il faut que l’environnement des affaires soit propice à la recherche et au développement, pour permettre à l’entreprise de croître, pas uniquement de faire des bénéfices. » (Expert)

Lassaad Ben Ahmed  | 09.11.2017 - Mıse À Jour : 09.11.2017
Economie : La Tunisie se compare aux pays de l’OCDE

Tunisia

AA/Tunis/Lassaad Ben Ahmed

«Le nombre de produits par lesquels se distingue la Tunisie est de plus en plus élevé (25 en 2016). Et ses produits à l’export sont de plus en plus complexes ». C’est ce qu’a affirmé Isabelle Joumard, économiste sénior, citant une étude de l’OCDE qu’elle a présentée à l’occasion de la sixième édition du « Tunisia investment forum », organisé jeudi et vendredi à Tunis.

L’experte souligne également que « malgré un certain repli des flux des investissements directs étrangers ces dernières années, le stock des IDE de la Tunisie se compare à celui des pays émergents. «Il représente 70% du PIB, soit plus de la moyenne des pays de l’OCDE (40%)». Aussi, en termes d’ouverture économique, le taux des exportations de la Tunisie par rapport au PIB s’élève à 40%, soit légèrement inférieur à la moyenne des pays de l’OCDE, mais nettement au-dessus de pays en situation comparable, comme le Maroc, 35% et l’Algérie, 24%.

Grâce à ce stock d’investissement et cette ouverture, le taux de croissance est appelé à augmenter pour passer à 5% par an à l’horizon 2025. Il sera porté principalement par le régime off-shore qui fonctionne de façon performante.

A ce propos, Ouissam Ghorbel, modérateur du deuxième panel sur le repositionnement de la Tunisie dans la chaines de valeurs mondiales, note que pour 12 milliards de dollars d’intrants et de matières premières, le régime off-shore exporte pour plus de 20 milliards de dollars, soit une forte valeur ajoutée, passant presque du simple au double.

Les secteurs les plus performants dans ce contexte ne sont pas méconnus. Il s’agit du textile, des industries mécaniques et électriques, les industries pharmaceutiques et les technologies de l’information et de la communication.

Cela étant, les panélistes de cet atelier ont engagé la réflexion sur les moyens de booster ce qui est déjà acquis en matière économique, pour aller encore de l’avant et créer plus de richesses et d’emplois.

Il s’agit, en l’occurrence, de la parité dinar tunisien par rapport aux principales monnaies étrangères, l’euro et le dollar, favorable actuellement à de meilleurs flux d’investissement. Il s’agit, ensuite, du cadre réglementaire, dont la loi sur l’investissement et la loi sur la facilitation du commerce.

Mais cela n’est pas suffisant d’après Fabrizio Conicella, directeur général de Bioindustry technoparck de Turin en Italie, entreprise spécialisée dans l’étude et la mise en œuvre des parcs technologiques.

Il considère que pour attirer plus d’investissements étrangers de qualité, il ne faut pas se limiter aux questions de coûts et de juridictions. « Il faut que l’environnement des affaires soit propice à la recherche et au développement, pour permettre à l’entreprise de croître, pas uniquement de faire des bénéfices. », a-t-il mentionné.

Dans cette perspective, les parcs technologiques, les clusters et tout autre dispositif favorisant l’innovation, sont des conditions aussi importantes que les questions des coûts et des garanties.

A ce titre, une démonstration a été faite par Sarra Masmoudi, directrice des laboratoires Teriak spécialisés dans l’industrie pharmaceutique. C’est une entreprise qui exporte déjà vers le Cameroun et assure la fabrication de certains médicaments pour le compte d’un laboratoire suisse.

« Grâce à la création d’un cluster regroupant 6 entreprises du secteur, l’institut Pasteur et la faculté de médecine, ce groupe est parvenu à lancer un projet de recherche dans le domaine de la biotechnologie », précisant que ce domaine est appelé à croître rapidement.

Elle a noté, dans ce contexte, que le nombre de laboratoires pharmaceutiques en Tunisie est passé de 25 à 35 unités après 2011 et les opérateurs ont continué à investir et à croître.

Pour elle, « L’avenir ne peut être que meilleur ».​

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