Lassaad Ben Ahmed
07 Août 2018•Mise à jour: 08 Août 2018
AA / Abidjan / Fulbert Yao
A l'occasion de la fête nationale ivoirienne, le 7 août, le chef de l’Etat, Alassane Ouattara a amnistié huit cents (800) détenus, dont l’ancienne première dame Simone Gbagbo qui purgeait une peine de 20 ans de prison pour atteinte à la sûreté de l’État.
Le président ivoirien s'exprimait lundi soir à la télévision nationale, à l'occasion du 58e anniversaire de l'indépendance, le 7 août 1960.
Incarcérée depuis avril 2011, Simone Gbagbo avait été condamnée à vingt ans de prison pour atteinte à la sûreté de l’État, avant d’être innocentée par la Cour d’assises d’Abidjan des accusations de "crime contre l’humanité" et de "crime de guerre".
Mais le 26 juillet dernier, ce jugement avait été cassé par la Cour suprême, ouvrant la voie à un nouveau procès.
Les personnes amnistiées, selon Ouattara, étaient poursuivis ou condamnés pour des infractions en lien avec la crise postélectorale de 2010 ou des infractions contre la sûreté de l’Etat commises après le 21 mai 2011, date de sa prestation de serment en qualité de président de la République.
D’autres "barons" de l’ex-régime font également partie des personnes graciées, dont Lida Kouassi (condamné à 15 ans de prison en janvier 2018) et Assoa Adou (condamné à 4 ans de prison depuis 2017).
Il y a aussi Kamaraté Souleymane dit "Soul to Soul", chef du protocole du président de l’Assemblée nationale, dont le témoignage avait permis aux autorités de découvrir 60 tonnes d’armes, lors des mutineries de 2017 (non encore jugé).
"Sur les 800 personnes concernées par cette amnistie, environ 500 sont déjà en liberté provisoire ou en exil et verront leurs condamnations pénales effacées", a indiqué le chef de l’Etat.
"De ce fait, il sera mis fin aux poursuites à leur encontre. Il en sera de même pour les trois cents (300) autres personnes détenues, qui seront libérées prochainement", a-t-il poursuivi, insistant que cette mesure "ne concerne pas une soixantaine de militaires et de membres de groupes armés ayant commis des crimes de sang".
"Il s’agit d’une mesure de clémence de la nation entière envers ses filles et ses fils", a dit le chef de l’Etat, invitant "les bénéficiaires de cette amnistie à faire en sorte que notre pays ne revive plus jamais de tels événements et ne sombre plus jamais dans la violence".
"Nous devons, tous, prendre conscience de l'extrême nécessité d'installer, de façon définitive, une société de responsabilités, où chaque citoyen doit répondre de ses actes", a-t-il ajouté.
Aux victimes de la crise postélectorale, le président Ouattara a demandé de s’inscrire résolument dans la dynamique de la réconciliation nationale, en acceptant de pardonner.
"Ceux qui ont payé un lourd tribut lors de ces évènements douloureux, je leur demande de bien vouloir accepter de pardonner. Je voudrais leur dire qu’ils continueront de bénéficier d’une attention particulière de l’Etat", a-t-il assuré.
La crise post-électorale, déclenchée par le refus de l’ex-président, Laurent Gbagbo, de reconnaître la victoire de son rival Alassane Ouattara à la présidentielle de novembre 2010, a fait plus de 3.000 morts en cinq mois, selon un rapport de l’Organisation des Nations-Unies (ONU).