Mohamed Hedi Abidellaoui
08 Février 2017•Mise à jour: 08 Février 2017
AA/ Abidjan (Côte d'Ivoire)/ Fulbert Yao
Les éléments des forces spéciales de l'armée ivoirienne continuaient mardi en fin d’après-midi de manifester, en tirant en l’air, à Adiaké, localité proche de la frontière du Ghana, ont rapporté des témoins à Anadolu.
«De temps en temps, on entend des tirs sporadiques dans la ville. Les militaires tirent en l’air. Certains sortent du camp et paradent en ville», a témoigné Paul Bouabré, un habitant de la ville joint par Anadolu au téléphone. Il a encore indiqué qu’un climat de panique s’est emparée de la ville.
Mardi matin, des éléments des forces spéciales de l'armée ivoirienne ont occupé la ville d’Adiaké en procédant à des tirs nourris en l’air. Leurs revendications ne sont pas encore connues, mais des sources sécuritaires ont affirmé qu' elles portent sur des primes.
Afin de négocier avec les mutins, le chef d’état-major des armées Sékou Touré et le commandant des Forces spéciale Lassina Doumbia se sont rendus à Adiaké, mardi à la mi-journée, a informé un élément de la Marine d’Adiaké, assurant pour sa part que «le calme est revenu, après le départ du général».
Le gouvernement n'a pas encore fait de déclaration sur ce mouvement, mais le ministre de la Défense Richard Donwahi et les généraux se sont concertés sur la question, selon une source sécuritaire.
Les Forces spéciales ivoiriennes sont une unité d’élite directement impliquée dans la sécurité proche du président ivoirien Alassane Ouattara. Elles bénéficient d’un statut spécial, et perçoivent des primes payées directement par la présidence de la République ou par l’Intendance.
La Côte d'Ivoire a été ébranlée en janvier dernier par une vague de mutineries qui a touché plusieurs villes et fait 4 morts. Les revendications de ces soldats tournaient autour de paiement de primes, d'augmentations salariales et l'évolution des carrières.
Le président Alassana Ouattara avait alors accédé aux revendications de ces mutins, tout en déplorant les méthodes employées.
Les mutineries sont particulièrement redoutées dans ce pays d'Afrique de l'Ouest, où un mouvement militaire similaire a entraîné un coup d'Etat en 1999. Ces événements interviennent, en outre, dans un contexte de forte contestation sociale, marqué par les grèves prolongées des fonctionnaires.
A trois ans de la fin du dernier mandat d'Alassane Ouattara, cette ambiance de "fin de règne" est également assimilée à une conséquence d'une lutte pour la succession, au sein du parti au pouvoir.