Safwene Grira
28 Décembre 2015•Mise à jour: 29 Décembre 2015
AA/ Abidjan/ Fulbert Yao
Le Front populaire ivoirien (FPI, principal parti d’opposition) a appelé lundi à l’extradition de l’ex-président burkinabè Blaise Compaore, visé par un mandat d’arrêt international et réfugié en Côte d'Ivoire depuis son renversement l'année dernière.
«Le Front populaire ivoirien demande à la justice ivoirienne, au Président de la république de Côte d’Ivoire, M. Alassane Ouattara et à son gouvernement de coopérer pleinement avec la justice et les autorités burkinabè afin que Blaise Compaoré soit extradé vers son pays », a indiqué le parti dans un communiqué signé par son porte-parole Agnès Monnet, et dont Anadolu s'est procuré une copie.
Le FPI, se dit persuadé que « les autorités ivoiriennes, qui ont bénéficié de la coopération des autorités et de la justice des pays voisins (...) permettant l’extradition manu militari de citoyens ivoiriens du Togo ou du Ghana (…) ne feront aucune difficulté pour livrer Blaise Compaoré », selon la même source.
Le FPI exhorte enfin «la justice burkinabè à demeurer ferme et à réserver un procès juste et équitable à l’ancien président Blaise Compaoré», fait savoir le communiqué.
La justice burkinabè a affirmé, le 21 décembre, avoir émis un mandat d’arrêt international contre l’ancien président Blaise Compaoré en début du mois, en relation avec l'assassinat de Thomas Sankara, ancien président du Burkina Faso (1983–1987).
Mercredi dernier, le gouvernement ivoirien a affirmé "ne pas avoir connaissance" d'un mandat d'arrêt international contre Compaore. De son côté, le Président ivoirien a déclaré plus d'une fois, depuis novembre 2014, que le Président burkinabè est un "hôte" qui peut rester en Côte d'Ivoire "aussi longtemps qu'il le voudra". Par ailleurs, aucune réaction gouvernementale n'a encore été recueillie après cet appel lancé par le principal parti de l'opposition ivoirienne.
Avant le FPI, la Ligue des droits de l'homme avait appelé le gouvernement à extrader l'ancien président Burkinabé, Blaise Compaoré, chassé du pouvoir par une insurrection populaire fin octobre 2014.
«Le président Blaise Compaoré devrait pouvoir aller répondre de ses actes, dans son pays, pour qu'il y ait manifestation de la vérité sur l'assassinat de Sankara», avait récemment déclaré à Anadolu le porte-parole de la Ligue ivoirienne des droits de l’Homme, Kouamé Adjoumani.