Nadia Chahed
08 Août 2018•Mise à jour: 08 Août 2018
AA/Abidjan/Fulbert Yao
L'ancienne première dame ivoirienne, Simone Gbagbo, a été libérée mercredi, sept ans après avoir été arrêtée et condamnée pour atteinte à la sûreté de l’État.
Simone Gbagbo a bénéficié d'une amnistie décidée par le président Alassane Ouattara lundi soir, à l’occasion de la célébration du 58e anniversaire de l’indépendance de la Côte d’Ivoire. Une amnistie qui a touché 800 personnes, dont d’autres symboles de l’ex-régime.
Simone Gbagbo a quitté, mercredi matin, l'école de gendarmerie de Cocody (est d’Abidjan) où elle était détenue et a regagné sa résidence dans le même quartier. Un millier de sympathisants l'ont accueillie en liesse, au son des tambours et des chansons, a rapporté le correspondant d'Anadolu sur place.
Plusieurs cadres de son parti, le Front populaire du Front ivoirien (FPI) étaient également présents pour l'accueillir.
Incarcérée depuis avril 2011, Simone Gbagbo avait été condamnée à vingt ans de prison pour atteinte à la sûreté de l’État, avant d’être innocentée par la Cour d’assises d’Abidjan des accusations de "crime contre l’humanité" et de "crime de guerre".
Onze organisations de défense des droits de l'homme ivoiriennes et internationales dont Amnesty International et Human Rights Watch ont pointé du doigt l'amnistie présidentielle, notant, dans un communiqué que "l’amnistie ne doit pas concerner les crimes de guerre et contre l’humanité ".
Les ONG signataires estiment, en effet, qu' "aucune amnistie ne devrait s’appliquer aux crimes de guerre, crimes contre l’humanité et autres graves violations des droits humains commises en Côte d’Ivoire pendant la crise post-électorale de 2010-2011".