Esma Ben Said
23 Octobre 2015•Mise à jour: 26 Octobre 2015
AA/ Brazzaville/ Jonas Massengo
L’opposition congolaise a annulé la manifestation prévue, vendredi, pour s’opposer au référendum de dimanche, qui pourrait permettre au président congolais Denis Sassou Nguesso, qui cumule plus de 30 ans à la tête du Congo, de briguer un nouveau mandat en 2016.
« Nous avons décidé d’annuler notre meeting parce que la préfecture de Brazzaville nous a fait savoir que tous les rassemblements étaient interdits ce vendredi sur la place publique », a annoncé Paul-Marie Mpouélé, coordonnateur du Front républicain pour le respect de l’ordre constitutionnel et l’alternance démocratique (Frocad), l’une plateforme de l’opposition, dans un communiqué transmis aux médias jeudi nuit et dont Anadolu a eu connaissance.
« Toutefois, nous demandons à nos militants de demeurer vigilants, de se tenir prêts pour de nouvelles consignes, et de rejeter ce référendum », a ajouté Paul-Marie Mpouélé.
« Nous leur demandons de garder le calme, d’éviter tout acte de violence et de ne pas répondre à la provocation. Nous prônons la non-violence et nous voulons la paix », a-t-il encore déclaré.
Vendredi matin, la situation était toujours tendue dans le pays à deux jours du référendum constitutionnel contesté, et après un début de semaine ponctuée par des affrontements meurtriers entre policiers et manifestants opposés au référendum.
Les heurts ont fait au moins quatre morts, selon un bilan gouvernemental, sept selon des sources de la société civile jointes par Anadolu.
Depuis l’annonce de la tenue du référendum constitutionnel, début octobre, le panorama politique congolais est en pleine mutation. Pour l’opposition le président actuel « manœuvre » pour briguer un nouveau mandat non-constitutionnel.
Nguesso, âgé de 72 ans, ambitionne en effet, selon des observateurs, de se représenter en 2016, fait que la Constitution de 2002, qui limite à deux le nombre de mandats et interdit de se présenter au-delà de 70 ans, ne permet pas.