Nadia Al Chahed
08 Janvier 2016•Mise à jour: 08 Janvier 2016
AA/Yaoundé/Peter Kum
Intégration régionale, développement des infrastructures et un meilleur climat des affaires, sont les trois axes préconisés par Christine Lagarde, directrice générale du Fonds monétaire international (FMI), pour permettre au Cameroun d'atteindre l’essor économique escompté.
S’exprimant, jeudi soir, en audience devant le président camerounais, Paul Biya (en marge d’une visite officielle de 72 heures au Cameroun entamée le jour même), la directrice générale du FMI a souligné que le Cameroun dispose d’atouts lui permettant d’atteindre cet objectif et de jouer un rôle de leader dans la région.
« Le Cameroun comparé à certains de ses voisins n’est ni sans atouts ni sans options, il jouit contrairement à d’autres, d’une économie diversifiée au sein d’une région richement dotée en ressources constituée par les pays membres de la Cemac (Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale)», a-t-elle affirmé.
« Pour ma part je retiens trois grandes options qui contribueront au développement du pays et à l’essor économique qu’il s’est fixé pour 2035 », a encore déclaré Lagarde.
Détaillant ces options, la responsable de l’institution financière internationale a noté que l’intégration régionale est l'un des défis majeurs à atteindre et qui a besoin d’un nouvel essor pour harmoniser les réglementations techniques et économiques ainsi que la fiscalité.
« Sans cette dimension régionale, les investisseurs étrangers privés dont les projets nécessitent l’accès à un grand marché régional tarderont à venir », a-t-elle souligné ajoutant que «le Cameroun doit jouer un rôle leader à cet égard et il bien capable de le faire ».
Le comblement du retard en infrastructures performantes est le deuxième défi identifié par Lagarde. « Personne ne met en cause le besoin que le Cameroun et les pays de la Cemac ont un besoin impérieux en infrastructures adéquates, soit de première nécessité et je me réjouis que certains des grands projets structurant conduits par le Cameroun sont presque arrivé à leur point d’achèvement », a-t-elle noté.
Toutefois, estime-t-elle, « tous les efforts du gouvernement pour faciliter l’essor économique ne pourront porter fruits sans une amélioration du climat des affaires ».
Soit un changement de philosophie d’attitude d’approche pas par la multiplication des guichets unique mais par la simplification délibérée des procédures qui corresponde véritablement à ce que souhaitent les investisseurs.
Christine Lagarde a entamé lundi une tournée africaine de six jours. Après le Nigéria, la directrice du FMI a attérit hier jeudi à Yaoundé au Cameroun, où elle devra rencontrer plusieurs responsabales locaux et des représentants de la société civile.
Elle devra, également, y rencontrer, vendredi, les ministres en charge des Finances de la Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale (Cemac), qu'elle mettra en garde contre les retombées de la situation économique fragilisée de la sous-région impactée par le chute des prix de la matière première et la menace sécuritaire véhiculée par Boko Haram.