Fatma Bendhaou
28 Juillet 2021•Mise à jour: 28 Juillet 2021
AA/ Peter Kum
Le G5+, un groupe d’Etats et d’institutions internationales partenaires de la République centrafricaine, a noté, mardi, avec une grande préoccupation, le développement d’une crise humanitaire aiguë en RCA.
« 2,7 millions de personnes sont en situation de crise ou d’urgence en matière d’insécurité alimentaire », ont estimé dans un communiqué, les membres du G5+ (Nations Unies, Union africaine, CEEAC, Union européenne, France et Etats-Unis).
D’après eux, environ 250 000 de ces personnes en situation de crise ou d’urgence en matière d’insécurité alimentaire, sont dans des zones inaccessibles pour les partenaires humanitaires.
Ils ont aussi estimé que « plus de 80 000 enfants en dessous de l’âge de cinq ans risquent une malnutrition sévère » en Centrafrique.
Les membres du G5+ ont observé que plus de sept mois d’opérations militaires dans de nombreuses préfectures de la RCA ont déplacé des centaines de milliers de Centrafricains de leurs foyers, perturbé l’accès à la nourriture, à l’eau, à l’assainissement et à l’hygiène, et empêché l’aide humanitaire d’atteindre ceux qui ont en besoin.
« Le personnel humanitaire a fait face à 267 incidents dans les premiers six mois de 2021, y compris les cas de violence contre les personnes, biens et autres outils de travail », ont souligné les membres du G5+.
Ils ont demandé au gouvernement centrafricain de « bien vouloir accorder immédiatement sa plus grande attention à cette situation humanitaire préoccupante afin d’éviter une crise majeure et le retrait contraint et forcé d’acteurs humanitaires », et la pleine coopération de leurs partenaires des forces armées, de la gendarmerie et de la police nationale afin de protéger le personnel humanitaire dans les préfectures.
En outre, ils appellent les partenaires internationaux de la République centrafricaine d’envisager de renforcer leur soutien à ce pays afin d’empêcher de nouvelles souffrances et d’éviter une crise régionale.
Le Bureau de coordination des affaires humanitaire de l’ONU (Ocha) a estimé dans son rapport publié le 8 février dernier qu’en 2021, 2,8 millions de Centrafricains soit 57% d’une population estimée à 4,9 millions, auront besoin d’assistance humanitaire et de protection.
En Centrafrique, la nouvelle vague de violence et de déplacements a commencé à la mi-décembre dernier, avant les élections générales, et s'ajoute à des décennies de violence armée, exacerbée l'année dernière par la pandémie de la Covid-19, ce qui a porté les besoins humanitaires du pays à leur paroxysme.
Si cette dernière offensive armée a été lancée à l'ouest du pays, les attaques et les déplacements se sont, depuis, répandus dans tout le pays, touchant également le centre et le sud-est, n'épargnant que quelques régions.