Lassaad Ben Ahmed
11 Avril 2018•Mise à jour: 12 Avril 2018
AA / Yaoundé / Peter Kum
Des représentants de l’Union Africaine (UA) et des Nations-Unies (ONU), ont décidé d’entreprendre une visite conjointe dans la capitale centrafricaine Bangui, selon un communiqué conjoint publié mercredi par les deux organisations.
«Etant arrivés hier (10 avril), nous sommes également préoccupés par les tensions persistantes dans le quartier du kilomètre 5 de Bangui. Les opérations conduites par le Gouvernement et la Minusca le 8 avril visaient assurément à arrêter les éléments criminels qui mettent en péril la vie de citoyens paisibles, dans un quartier qui est le poumon économique de Bangui », a précisé le communiqué.
A l'occasion de leur mission conjointe, Jean-Pierre Lacroix, le chef des Casques bleus, et Smaïl Chergui, le commissaire pour la Paix et la sécurité de l’Union africaine se sont entretenus, mardi, avec le président centrafricain, Faustin-Archange Touadéra.
Ils ont tenu à expliquer au peuple centrafricain le bien-fondé des opérations menées le 8 avril dernier par les forces centrafricaines (FACA) et onusiennes (Minusca).
«Nous tenons, surtout, à souligner que cette opération de maintien de l’ordre et de restauration de l’autorité de l’Etat a pour but unique de protéger la population qui nous le demande, contre les éléments criminels qui l’oppriment. Nous tenons à préciser que pour protéger toutes les populations, comme partout ailleurs dans le pays, nous sommes déterminés à agir».
L’UA et ONU condamnent par ailleurs «les tentatives d’instrumentalisation de ces opérations ainsi que les attaques perpétrées contre les soldats de la paix dont une vingtaine ont été blessés et l’un d’eux a succombé à ses blessures», mardi dernier.
Un communiqué antérieur, publié le 10 avril par les forces onusiennes en République centraficaine, souligne que «la Force de la MINUSCA a, quatre heures durant, dû repousser des éléments lourdement armés des groupes criminels qui ont délibérément ouvert le feu sur les forces internationales».
«Neuf Casques bleus, membres du contingent rwandais ont été blessés, dont l’un a succombé à ses blessures. Un autre Casque bleu se trouve dans un état critique», ajoute le communiqué.
Depuis plusieurs mois, le quartier PK5 de Bangui, où vit une majorité musulmane, est le théâtre de violences ciblées et meurtrières.
La population commerçante du quartier avait arrêté, début 2018, de payer les milices armées pour protester contre leurs violences, qui se sont poursuivies a indiqué à Anadolu Jean Nganavo, membre du conseil municipal de la Mairie du 6e arrondissement de Bangui.
Pour rappel, dans ce pays souffrant d'une guerre civile chronique entre Anti-Balaka (chrétien) et ex-Séleka, le gouvernement et la mission onusienne ont entamé, début 2018, une action visant à restaurer l'autorité de l'Etat, et ce, par la mise en place de préfectures et de sous-préfectures à travers le pays.