Lassaad Ben Ahmed
09 Juillet 2020•Mise à jour: 09 Juillet 2020
AA / Yaoundé / Peter Kum
Le groupe Boko Haram a mené une attaque dans la nuit de mercredi à jeudi contre un poste militaire de la Force Mixte Multinationale (FMM) dans l’Extrême-nord du Cameroun, tuant un soldat et en blessant un autre.
« Dans la nuit de mercredi à jeudi, des membres de Boko Haram lourdement armés ont attaqué le poste avancé de la Force Mixte Multinationale situé à Gouloudjoane vers Limani dans la zone du Lac Tchad », a fait savoir à l’Agence Anadolu le commandant du senteur 1 de la Force Mixte, le général de brigade Bouba Dobekréo.
« Dans la riposte de l’armée contre les terroristes, nous avons malheureusement perdu un soldat et un autre a été blessé », a-t-il déclaré.
Ce bilan a été confirmé par le gouverneur de la région de l’Extrême-Nord, Bakari Midjiyawa, soulignant que la zone attaquée est enclavée et coupée de toute communication.
Le bassin du Lac Tchad est une région partagée par le Tchad, le Niger, le Nigeria et le Cameroun, où Boko Haram maintient des camps d’entraînement et multiplie rapts et attaques.
Mercredi, une dizaine de militaires tchadiens de la Force Mixte Multinationale (FMM) ont été tués au passage de leur véhicule sur un engin explosif qui aurait été placé par des éléments du groupe Iswap, faction ayant fait scission en 2016 du groupe Boko Haram.
Les pays du bassin du lac Tchad ont consenti des efforts pour coordonner leur action contre Boko Haram, grâce à la Force Mixte Multinationale.
Toutefois, des factions insurgées réactives se sont toutefois rapidement regroupées.
Dans un rapport publié le 7 juillet, International Crisis Group a estimé que « l’opacité des priorités, la réticence des quatre Etats à céder le commandement des opérations à la force mixte ainsi que des retards de financements et d’approvisionnement ont nui à l’efficacité de la FMM ».
Pour mieux faire face à Boko Haram, Crisis Group a appelé les Etats du lac Tchad à renforcer leur capacité de planification et de communication, l’échange de renseignements, le respect des droits humains et la coordination entre les civils et les militaires.