Lassaad Ben Ahmed
15 Janvier 2018•Mise à jour: 16 Janvier 2018
AA / Yaoundé / Peter Kum
Le gouverneur de la région du Sud-ouest du Cameroun a indiqué, lundi, à Anadolu qu’un militaire a été assassiné, dans la région anglophone du Sud-ouest par des assaillants du groupe sécessionniste.
«Dimanche, j’ai été signalé de la disparition d’un adjudant-chef, élément du corps d’élite le Bataillon d’Intervention Rapide (BIR). Il avait été enlevé dans la ville d’Ekondo-Titi dans le département du Ndian qui partage des frontières avec le Nigéria», précise le Gouverneur Bernard Okalia Bilai.
«En début de soirée, le corps de ce militaire a été découvert. Les assaillants lui ont sectionné la tête, le bras et la jambe. C’est très horrible de traiter un être humain ainsi», souligne le Gouverneur Bernard Okalia Bilai.
Ce nouvel assassinat porte à 18 le nombre des militaires tués par les séparatistes depuis octobre 2017.
Ces attaques répétitives contre les militaires interviennent dans un contexte de rupture entre les sécessionnistes anglophones des régions Nord-ouest et Sud-ouest et le gouvernement camerounais qui refuse la division et réprime la contestation.
Un nouveau palier semble, donc, avoir été franchi cette fois, autant par le nombre de soldats tués que par le mode opératoire des sécessionnistes.
Des observateurs tels que International Crisis Group (ICG), Human Rights Watch (HRW) et l’ONU expriment de plus en plus leurs craintes de voir la crise tourner à l'insurrection armée.
La crise des régions anglophones avait commencé par un mouvement d’avocats en octobre 2016 qui dénonçaient une « francophonisation » des deux régions anglophones.
Le 1er octobre 2017, ces deux régions ont déclaré l’indépendance de ce qu’ils ont appelé «l’Etat d’Ambazonie».