Lassaad Ben Ahmed
11 Mars 2019•Mise à jour: 14 Mars 2019
AA / Yaoundé / Peter kum
L’hôpital du district de Tourou, non loin de la frontière nigériane, a été incendié dans une attaque du groupe terroriste nigérian Boko Haram, dans l’Extrême-Nord du Cameroun, a-t-on appris de source officielle.
Le drame a eu lieu dans la nuit de samedi à dimanche sans faire de victimes d’après le ministre camerounais de la Santé, Malachie Manaouda, qui s’exprimait dans une déclaration écrite sur le site du ministère.
« Cela peut paraître excessif mais il est inadmissible que des hôpitaux continuent de faire les frais des terroristes. Un deuxième hôpital, celui de Tourou, vient d'être brûlé, cette fois-là par les Boko Haram », a annoncé, dimanche, le ministre de la Santé publique.
Un premier hôpital avait été attaqué dans la nuit du 10 au 11 février, à Kumba (Sud-ouest). Les séparatistes anglophones avaient brûlé quatre patients. Cette attaque n’avait pas été revendiquée, mais le gouvernement camerounais accuse les rebelles sécessionnistes d’être les auteurs de cet acte.
D’après le docteur Malachie Manaouda, l'incursion de Boko Haram de ce weekend ne fait état d’aucune perte en vie humaine. Le membre du gouvernement a complimenté le personnel pour sa prompte réaction qui a permis à ce qu’on évite un bilan humain.
« Tout comme pour les familles des victimes et le personnel de santé de l’hôpital de Kumba, je voudrais témoigner mon soutien au personnel de cet hôpital de Tourou que je félicite pour avoir tout mis en œuvre pour éviter toute perte en vie humaine. Merci pour votre bravoure », a-t-il écrit.
Le canton Tourou, dans l'arrondissement de Mokolo est régulièrement ciblé par le groupe Boko Haram à cause de sa proximité de la forêt Sambisa au Nigéria, fief du mouvement terroriste nigérian.
Le 18 janvier 2015, au moins 60 personnes, dont de nombreux enfants, avaient été enlevées à Tourou lors d’un raid attribué aux terroristes. Au moins trois personnes avaient été aussi tuées pendant cette attaque, avait-on appris du gouverneur de l’Extrême-Nord, Bakari Midjiyawa.
Fondé depuis 2002 en tant qu'organisation non violente par Mohamed Yusuf, dans le but de purifier l'islam dans le nord du Nigeria, Boko Haram s'est progressivement radicalisé. Il a ensuite adopté des tactiques militaires pour atteindre ses objectifs.
Il est actif non seulement au Nigeria, mais aussi dans les pays voisins, le Tchad, le Niger et le Cameroun.
Des dizaines de milliers de civils ont été tués, et plus de deux millions de personnes ont été déplacées dans la zone du Lac Tchad au cours de la dernière décennie, à cause de Boko Haram.