Lassaad Ben Ahmed
12 Mars 2019•Mise à jour: 13 Mars 2019
AA / Yaoundé / Peter Kum
Le gouvernement camerounais a rejeté les accusations et inquiétudes de l’Union européenne au sujet des opposants du Mouvement pour la renaissance du Cameroun (MRC) et de la crise anglophone.
Dans un communiqué, lundi soir, le porte-parole du gouvernement, René Emmanuel Sadi a affirmé que « les arrestations et détentions de certains militants du Mouvement pour la Renaissance du Cameroun (MRC) et de monsieur Kamto sont strictement conformes aux lois et règlements du Cameroun, ainsi qu'aux conventions internationales ratifiées par le Cameroun ».
« […] La situation dans les deux régions est sous contrôle et les perspectives d’un retour à la normale se font chaque jour plus propices », a ajouté, René Emmanuel Sadi, s’adressant à Federica Mogherini, chef de la diplomatie de l’Union européenne.
Mogherini, dans une sortie le 5 mars, faisait part de la préoccupation de l’Union Européenne sur la détention de l’opposant camerounais, Maurice Kamto et de la situation sécuritaire dans les deux régions anglophones du Sud-ouest et du Nord-ouest du Cameroun.
«L'arrestation et la détention prolongée de plusieurs dirigeants d'un parti de l'opposition, dont son leader Maurice Kamto, et d'un nombre important de manifestants et de sympathisants, ainsi que l'ouverture de procédures disproportionnées à leur encontre devant la justice militaire, accroît le malaise politique au Cameroun. L'Etat de droit implique une justice équitable et la libération des détenus à l'encontre desquels des preuves probantes ne peuvent être présentées », avait-elle déclaré au nom des 28 États membres de l'Union européenne, sur la situation politique et sécuritaire au Cameroun.
L’UE avait aussi condamné l'émergence de discours de haine basés sur l'appartenance ethnique, « tenus par certains médias et acteurs politiques, dont récemment un membre du gouvernement», le qualifiant comme facteur « additionnel d'inquiétude ».
Pour sortir de cette crise, l’UE propose « un dialogue politique inclusif et dans un contexte de respect des libertés fondamentales et l'Etat de droit ».
Pour rappel, Maurice Kamto, qui continue de clamer sa victoire à la présidentielle de 2018, avait été interpellé le 28 janvier 2019 avec 147 de ses partisans après avoir organisé une manifestation interdite par le régime.
Quelques semaines après son arrestation, le principal opposant du Cameroun, Kamto, a été inculpé pour « rébellion, insurrection, hostilité contre la patrie » et est détenu à la prison centrale de Yaoundé.