Lassaad Ben Ahmed
18 Septembre 2019•Mise à jour: 18 Septembre 2019
AA / Yaoundé / Peter Kum
Le président du Mouvement pour la renaissance du Cameroun (MRC), principal parti de l’opposition a conditionné sa participation au grand dialogue national sur la crise anglophone, prévu à la fin du mois de septembre, par sa libération et celle de tous les autres cadres du parti.
Le président du MRC s’exprimait dans une correspondance écrite depuis sa prison, adressée mardi au Premier ministre camerounais, Joseph Dion Ngute.
« Le MRC ne saurait prendre part à ce grand dialogue national sans la libération préalable de son président national, Professeur Maurice Kamto, des leaders des partis politiques et organisations alliés ainsi que des militants et sympathisants du MRC arrêtés arbitrairement et détenus illégalement depuis plus de sept mois pour certains, à la suite des [Marches Blanches Pacifiques], des 26 janvier, 1er et 8 juin 2019 », a écrit Kamto.
Dans sa correspondance au PM, le président du MRC a relevé que c’est depuis 2015 que son parti attire l’attention du Gouvernement sur le problème anglophone et « qu’il devrait être résolu par le dialogue ».
Maurice Kamto estime que la plupart des catégories des personnalités consultées avant le début dudit dialogue, le 30 septembre 2019, est « à craindre que le dialogue soit déséquilibré et ne produise pas les résultats attendus pour résoudre durablement les crises multiformes auxquelles le pays est confronté, particulièrement celle des régions anglophones ».
Le président du MRC juge que l’armée doit être représentée à ce grand dialogue national par des politiques et, les groupes armés, par leurs leaders politiques.
« Il serait dangereux pour l’avenir des institutions républicaines d’impliquer directement les forces armées et les groupes combattants armés dans la gestion des affaires politiques de notre pays », a souligné Kamto.
S’agissant de l’ordre du jour, le MRC estime qu’il faudra parler de la forme de l’Etat, la réforme du système électoral, l’indépendance de la justice, le respect des droits de l’homme et des libertés, la protection de la fortune publique et le statut de la diaspora.
Sur l’organisation des débats, Maurice Kamto appelle à une personnalité neutre et à l’implication de la communauté internationale.
Pour rappel, le président Paul Biya avait annoncé le 10 septembre la tenue d'un grand dialogue national à la fin du mois en cours pour résoudre la crise anglophone. Il avait chargé son Premier ministre à mener ce dialogue. Pour ce faire, Joseph Dion Ngute, a entamé des consultations le 17 septembre. Lesquelles consultations se poursuivront jusqu'au 27 du même mois.