Lassaad Ben Ahmed
28 Juin 2021•Mise à jour: 29 Juin 2021
AA / Yaoundé / Peter Kum
Des centaines de familles se sont retrouvées sans abri après la décision des autorités camerounaises de démolir leurs habitations, à coup de bulldozers, samedi, érigées au quartier Newtown à proximité de l'aéroport de Douala, capitale économique du Cameroun.
Ce domaine appartient à l’Etat du Cameroun et c'est d'ailleurs le principal argument qui a été avancé aux populations qui se sont progressivement installées sur ce site insalubre et en proie aux inondations depuis des dizaines d'années.
« C’est le domaine aéroportuaire, personne n’a un titre foncier ici. C’est un domaine de l’Etat. Les populations avaient été sommés de libérer les lieux. C’est une zone marécageuse dont un avion en détresse peut s'y poser », a indiqué à l'Agence Anadolu, lundi, le 1er adjoint du préfet du Wouri, Hector Eto’o Fame.
Sous les décombres, certaines personnes continuent à rechercher leurs biens écrasés samedi par les bulldozers.
« Les populations du quartier Newton aéroport à Douala sont en entrain de vivre le plus sombre moment de leur existence. Installées à cet endroit depuis plus 30 ans, nous avons reçu une sommation de quitter les lieux en milieu de semaine. En deux jours, on ne pouvait pas enlever tout ce qu’on avait pu construire pendant de longues années. Et même si c’était possible, on ne sait pas où aller. J’ai amené ma famille chez un cousin. Il y a des familles qui dorment en plein air ici », a relevé à l’agence, Njifendjou Issa.
D’après cette victime de la démolition, « il y a environs 300 familles qui ont été mises dans la rue samedi. Des jeunes ont même tenté à manifester lors du déguerpissement mais la police anti-émeute les a réprimés ».
Depuis samedi, la plateforme des organisations pour la promotion du droit au logement décent au Cameroun collecte des informations et des documents qui permettront « l'encadrement et l'accompagnement judiciaire qui suivront dans les prochains jours au profit des victimes » de ces démolitions.
Selon les autorités de la ville de Douala, ce déguerpissement à Newton Aéroport est le deuxième en l’espace de 6 mois.
« Ceux qui ont été chassés samedi, avaient déjà été déguerpis le 21 Janvier 2021. Ils sont revenus s’installer sur les lieux, entre temps », a souligné le 1er adjoint du préfet.