Nadia Chahed
26 Décembre 2017•Mise à jour: 26 Décembre 2017
AA/Cameroun/Peter Kum
Un militaire a été tué et trois autres blessés dans deux attaques perpétrées par des séparatistes anglophones dans le Sud-ouest, a indiqué, mardi à Anadolu le ministre de la Défense, Joseph Beti Assomo.
Un militaire du corps d’élite, le Bataillon d’Intervention Rapide (BIR) a été "froidement" abattu dans la nuit de lundi à mardi par des sécessionnistes anglophones dans la localité de Mamfe (région du Sud-Ouest), l’épicentre des activistes anglophones, a précise le ministre camerounais.
Trois autres militaires ont été blessés par balles dans la nuit du 25 au 26 décembre à Toko, localité située près de la frontière du Nigeria dans le Sud-Ouest anglophone, a ajouté Assomo, attribuant cette attaque aux séparatistes anglophones.
Cette nouvelle attaque porte à 18 le nombre de militaires camerounais tués dans les régions anglophones du Nord-Ouest et du Sud-Ouest en moins de trois mois, dans des attaques attribuées par le gouvernement aux séparatistes anglophones.
L’organisation International Crisis Group (ICG) avait, dans un récent rapport, exprimé sa crainte de voir la crise dite anglophone tourner à l’insurrection armée, alors que les leaders séparatistes en exil appellent ouvertement à "l’autodéfense" et à l’action armée pour faire face à la "répression" menée ces derniers mois par les autorités camerounaises.
"Le président Biya ne parviendra que difficilement à stabiliser les régions anglophones par la seule riposte militaire, et ce serait au prix d’une guerre contre-insurrectionnelle laborieuse et coûteuse", prévient ICG dans son rapport publié le 21 décembre 2017.
"A un an de la prochaine élection présidentielle et des élections générales, mépriser le mécontentement et la colère du un cinquième de sa population est un mauvais calcul politique, d’autant que les francophones partagent également une partie de ces griefs",, relève le rapport.
Pour rappel, la crise dite anglophone a débuté en octobre 2016 par une grève des avocats et des enseignants des régions anglophones et, s’est amplifiée dès octobre 2017 par la déclaration de l’indépendance des deux régions anglophones.