Lassaad Ben Ahmed
05 Septembre 2022•Mise à jour: 05 Septembre 2022
AA / Yaoundé / Peter Kum
Le président camerounais Paul Biya a décidé de déployer des forces spéciales camerounaises pour combattre les sécessionnistes dans le Nord-Ouest et Sud-Ouest anglophones du pays.
Dans une correspondance datée du 29 août, le secrétaire général de la présidence camerounaise, informe le ministre de la Défense que le président Biya « a marqué son très haut accord pour le déploiement d’un détachement des forces spéciales dans les théâtres des opérations des deuxième et cinquième régions militaires interarmées », situées respectivement dans le Sud-Ouest et Nord-Ouest du pays.
Cet accord du président Biya, fait suite à la demande du ministre de la Défense plaidant pour un engagement des forces spéciales dans la deuxième et la cinquième régions militaires interarmées où l’armée mène un combat depuis des années contre des groupes armés du mouvement séparatiste anglophone.
La crise dite anglophone a débuté en 2016 par les frustrations exprimées par les avocats et les enseignants.
Ces derniers avaient estimé que le gouvernement majoritairement francophone tente de détruire le système de "common law" et l'enseignement en anglais pratiqué dans ces régions du pays.
L’armée régulière qui, depuis 2016, mène la guerre contre les séparatistes, avait adopté une ligne dure, et les manifestations étaient devenues violentes.
Les anglophones avaient commencé alors à réclamer plus d'autonomie.
Un mouvement séparatiste s’était émergé, exigeant la sécession pure et simple et la création d'un nouvel État qu'ils appellent « Ambazonia ».
Après plus de six années de combat dans le Nord-Ouest et Sud-Ouest du pays, l’armée régulière n’a pas remporté la guerre. Plusieurs éléments de l’armée ainsi que des civils sont tombés, d'où la décision de faire entrer en scène les forces spéciales.
« La violence a causé la mort d’environ 6 000 personnes et provoqué une crise humanitaire majeure, avec près de 600 000 personnes déplacées à l’intérieur des régions anglophones et voisines, et plus de 77 000 personnes contraintes à se réfugier au Nigeria », a relevé en août dernier, l’ONG Human Rights Watch.