AA / Yaoundé / Peter Kum
Quelque 70 militants du Mouvement pour la renaissance du Cameroun (MRC), arrêtés lors des manifestations du 22 septembre, ont été transférés en prison à Douala, a fait savoir la défense du parti, mercredi.
« A ce jour dans la prison centrale de New Bell à Douala, ce sont 70 militants du Mouvement pour la renaissance du Cameroun (MRC) qui ont été écroués pour avoir pris part aux marches pacifiques du 22 septembre 2020 », a annoncé à l'agence Anadolu Gabriel Kontchou, l’un des avocats des manifestants.
Selon l'avocat qui coordonne le collectif de la défense des manifestants du MRC, ces personnes écrouées à la prison de Douala sont poursuivies par le tribunal militaire de Douala pour « insurrection », « rébellion », « manifestation illégale » entre autres.
Des charges passibles d’une peine minimale de 10 ans de réclusion selon la loi antiterroriste du Cameroun.
Tout en espérant obtenir leur mise en liberté provisoire, la défense déplore les traitements infligés à certaines de ces personnes dans les commissariats et brigades de gendarmerie avant leur déferrement en prison.
« Ils étaient pour la plupart, entassés dans de petites cellules ou dans des espaces en proie aux intempéries. Nous avons appris de certaines personnes arrêtées qu’elles ont subi des actes de torture physique et morale », a déploré Kontchou.
Dans un tweet le 2 octobre, Ilaria Allegrozzi, chercheuse de l’ONG Human Rights Watch, a condamné la répression des partisans du MRC ainsi que l’emprisonnement « en cellules d’isolement » de deux leaders de cette formation politique à savoir Alain Fogué et Bibou Nissack.
Dans un communiqué mercredi, "Stand Up for Cameroun", un mouvement de la société civile camerounaise, a souligné que « près de 600 manifestants pacifiques arrêtés » dans le cadre de ces manifestions organisées le 22 septembre par l’opposant Kamto, sont « toujours détenus à travers le pays ».
Plusieurs acteurs politiques et organisations de la socié
té civile ont appelé à la libération de ces manifestants arrêtés le 22 septembre et la mise en liberté de l’opposant Kamto mis en résidence surveillée depuis le 21 septembre.
«Nous devons reprendre les manifestations pacifiques de rue pour la revendication et la défense des droits fondamentaux du citoyen ainsi que sur les grands sujets d'actualité», a exhorté dans une lettre mardi, le premier parti d’opposition camerounaise, le Social Democratic Front (SDF).