Nadia Chahed
30 Avril 2019•Mise à jour: 02 Mai 2019
AA/Tunis
Les principaux leaders de l’opposition béninoise ont demandé au président Patrice Talon de tirer tous les enseignements de la faible participation aux élections législatives du 28 avril, et d’arrêter le processus électoral avant ce mardi soir au plus tard, ont rapporté des médias français et africains.
Cet appel a été lancé par l’opposition lors d'une conférence de presse tenue lundi au lendemain des législatives du 28 avril, précise l’hebdomadaire "Jeune Afrique".
Etaient présents à cette réunion Rosine et Nicéphore Soglo ( ancien président du Bénin 1991-1996), Thomas Boni Yayi ( président du Bénin du 6 avril 2006 au 6 avril 2016), Candide Azannaï, le représentant de l’Union sociale libérale (USL) de Sébastien Ajavon, en exil en France, ou encore Éric Houndété ont fait face, lundi 29 avril en fin d’après-midi, à la presse et une cinquantaine de partisans chauffés à blanc, précise la même source.
"Le peuple a infligé à Talon un démenti cinglant, impitoyable. Je voudrais que le président de la République comprenne que s’il ne veut pas écourter son mandat, il est indispensable que l’on ait de vraies élections. La balle est dans son camp. Si Talon continue comme ça, il ne finira pas son mandat", a déclaré Nicéphore Soglo.
Et à Soglo de poursuivre "il faut que monsieur Patrice Talon tire toutes les conséquences du rejet à plus de 96% de son projet néfaste, dictatorial, de nomination des députés à l’Assemblée nationale, qu’il renoue le dialogue avec l’ensemble de la classe politique à l’effet de trouver des solutions consensuelles pour la tenue effective des élections législatives, transparentes et crédibles dans un climat démocratique apaisé, dans l’unité, la paix et la cohésion nationale"., a-t-il poursuivi.
L’ancien président Thomas Boni Yayi a, pour sa part, souligné que le Bénin traversait "une crise profonde"et que la solution se trouvait entre "les mains du chef de l’État et du peuple"
" Le président possède tout l’arsenal juridique pour mettre fin à ce processus qui a réussi à diviser le Bénin et prendre le chemin de la voie consensuelle. S’il ne s’exécute pas, nous appelons le peuple à prendre toutes ses responsabilités. Talon marchera sur notre corps pour installer ses députés", a-t-il ajouté, évoquant des taux de participation oscillant "entre 5 et 10%".
Dans un communiqué diffusé le même jour, l’ambassade des États-Unis au Bénin avait déploré "l’impossibilité pour les partis d’opposition de participer aux élections législatives" menant à des "élections ni entièrement compétitives, ni inclusives, et qui ne reflètent pas le Bénin que nous connaissons", rapporte encore "Jeune Afrique".
Wilfried Houngbedji, le porte-parole de la présidence, a déclaré à Jeune Afrique que "le processus électoral s’est déroulé conformément à la loi, il ira à son terme. Ceux qui parlent d’ultimatum, qui menacent un président légitimement élu, sont les seuls responsables de leurs actes".