Lassaad Ben Ahmed
13 Septembre 2017•Mise à jour: 14 Septembre 2017
AA/Bujumbura/Jean Bosco
L'Union pour la paix et la démocratie (UPD-Zigamibanga), une des forces politiques de l’opposition, a dénoncé dans un communiqué diffusé mardi soir, l’enlèvement de son militant, Léopold Habarugira.
« Le Parti UPD-ZIGAMIBANGA vient d'apprendre avec consternation l'enlèvement de Habarugira Léopold, un de ses membres, tôt ce matin du 12/9/2017 à Bujumbura alors qu'il faisait paisiblement une marche sportive matinale non loin de chez lui», a déclaré Chauvineau Mugwengwezo, président de ce parti.
Léopold Habarugira avait déjà échappé à une tentative d’assassinat en avril 2016. Chauvineau Mugwengwezo estime que la vague d’enlèvements,
d’assassinats et d’arrestations dont le Burundi est théâtre, s’inscrit dans une logique préétablie d’élimination des opposants par le pouvoir en place.
«Tous ces enlèvements orchestrés par Bujumbura s'inscrivent dans la droite ligne de l'exécution d'un plan d'élimination physique des opposants politiques, de même que les membres de la Société civile, les médias indépendants gênant le pouvoir et engagés à dénoncer les abus multiformes éhontés qui le caractérisent », a encore indiqué le président du parti UPD-Zigamibanga.
Il demande au gouvernement burundais de « tout mettre en œuvre pour obtenir la libération immédiate de Habarugira Léopold ». A l'Office du Haut Commissaire des Droits de l'Homme au Burundi, le parti UPD-Zigamibanga demande de « se mobiliser pour retrouver les traces de Léopold avant que l'irréparable ne soit commis ».
L’enlèvement de Léopold Habarugira a été annoncé aux médias par sa famille mardi. La police ne s’est pas encore exprimée sur ce dossier.
En mai 2015, soit un mois après le début de la crise qui secoue encore, aujourd’hui, le Burundi, le président de l’UPD-Zigamibanga, Zedi Feruzi, était abattu par des inconnus à son domicile, avec son garde du corps à Bujumbura. Il fut le premier leader politique de l’opposition victime de cette crise.
Le Burundi a plongé dans une grave crise politico-sécuritaire depuis que le président Pierre Nkurunziza avait annoncé en avril 2015 sa candidature à un troisième mandat, jugé non constitutionnel par l'opposition, la société civile et de larges pans de son propre parti.
Un mandat qu'il a, quand même, obtenu en juillet de la même année au terme d'une élection boycottée par l'opposition. Les violences consécutives à cette crise ont déjà fait plus d'un millier de morts et poussé plus de 400.000 personnes à fuir le pays, selon le rapport de l’agence de l’ONU pour les réfugiés (UNHCR) publié le 4 septembre 2017.