Esma Ben Said
13 Novembre 2015•Mise à jour: 14 Novembre 2015
AA/Bujumbura/Jean Bosco Nzosaba
Un militaire burundais engagé dans les opérations de désarmement en cours depuis près d’une semaine, à Bujumbura, est porté disparu depuis jeudi soir, a indiqué à Anadolu, le porte-parole de l’armée burundaise, Colonel Baratuza.
Des témoins joints par Anadolu, ont assuré, pour leur part, que ce militaire a été tué dans la soirée de jeudi, dans la zone urbaine de Musaga (sud de Bujumbura).
«Nous ne sommes pas au courant de sa mort, mais le commandant du camp Muha (une des unités militaires de la garnison de Bujumbura, ndlr) a confirmé sa disparition», a déclaré, vendredi à Anadolu, le colonel Gaspard Baratuza.
Durant ces opérations de désarmement, les civils burundais préféraient, jusque-là être fouillés «par des militaires au lieu des policiers jugés comme ayant plutôt la gâchette facile», selon un habitant de Bujumbura.
«Mais la colère envers les militaires est aussi monté d’un cran, jeudi lorsqu’un officier de l'armée, a tiré sur un civil au su et au vu de la population dans le quartier de Carama en mairie de Bujumbura», poursuit la même source qui parle donc de « vengeance ».
L’Armée, de son côté, a reconnu ce « dérapage » et « promet des sanctions ».
«Le major Hussein Kinyamahanga (auteur des coups de feu), a été arrêté par la police militaire et sera jugé par un tribunal ordinaire», a expliqué à Anadolu le porte-parole de l’armée.
Sur ordre du Président burundais, Pierre Nkurunziza, l’armée et la police ont entamé, le 8 novembre dernier, une vaste opération des civils qui détiennent illégalement des armes et menacent, par conséquent, la sécurité du pays.
Selon Pierre Nkurikiye, porte-parole de la police, ces armes sont récupérées de force chaque jour. «Rien qu’hier (jeudi), nous avons récupéré, au total, 6 fusils de type Kalachnikov, 1 fusil de type Simonov, 1 fusil de type Fale, 2 chargeurs garnis et plusieurs ténues militaires et policières», a-t-il déclaré à Anadolu.
Le Burundi est plongé, dans une grave crise politique et sécuritaire, depuis la décision du Président Pierre Nkurunziza, de briguer un 3ème mandat que l’opposition et la société civile jugent inconstitutionnelle. L’annonce de sa candidature a été suivie par une vague de manifestations violemment réprimées par la police.
Au moins 240 personnes ont été tuées et plus de 200.000 personnes ont quitté le pays en l'espace de six mois, selon l’ONU.
Face à ce cycle de violence, la France, qui craint une «dérive génocidaire» a demandé la mobilisation de la communauté internationale.Le Conseil de sécurité des Nations unies a donc adopté, jeudi, une résolution sur le Burundi.
Si celle-ci ne fait pas explicitement mention de sanctions, comme le souhaitait la France à l’encontre «des auteurs de la violence», elle exhorte, en revanche, le Gouvernement burundais ainsi que les autres parties prenantes à «rejeter toute forme de violence».
Ce texte exige également de «s'abstenir de toute action qui pourrait menacer la paix et la stabilité dans le pays».