Esma Ben Said
25 Mai 2016•Mise à jour: 25 Mai 2016
AA/ Bujumbura/ Yvan Rukundo/ Jean Bosco Nzosoba
Un colonel tutsi, à la retraite depuis plusieurs années, a été abattu mercredi par des individus armés non identifiés, devant son domicile à Bujumbura, a appris Anadolu de source policière.
Le colonel Lucien Rufyiri, ancien cadre de l’armée burundaise ( Forces armées burundaises- FAB) a été tué par balles aux alentours de 11 heures (9h GMT), alors qu’il s'apprêtait à entrer à son domicile situé dans la zone urbaine de Ngagara, (quartier contestataire situé dans le nord de la capitale), a déclaré à Anadolu le porte-parole de la police Pierre Nkurikiye.
«Son fils a également été blessé par les assassins qui ont aussitôt pris la fuite », a précisé le porte-parole ajoutant que « les recherches sont en cours pour retrouver ces individus au plus vite ».
Ce nouvel assassinat porte à trois le nombre des Burundais tués 24 heures après la clôture du dialogue d'Arusha en Tanzanie. Mardi soir, deux personnes avaient été tuées dans une attaque armée menée par des individus non identifiés, dans le centre du pays.
Par ailleurs, Rufyiri est le 9 ème officier supérieur tué depuis le début de la crise il y a plus d’une année. Cinq officiers parmi ces victimes relèvent de l’ethnie minoritaire tutsie, alors que quatre autres sont issus de l’ethnie majoritaire hutue, selon un décompte établi par Anadolu.
La crise au Burundi a atteint de plein fouet l’armée et la police, deux corps difficilement nés du brassage, en 2003, de l’ancienne armée alors dominée par les tutsis et des différents mouvements rebelles dominés par les hutus. Ces derniers ont combattu, dix ans durant, le pouvoir après l’assassinat de Melchior Ndadaye, premier président hutu démocratiquement élu (octobre 1993).
Aux termes de l'accord de paix d'Arusha de 2000, les deux corps sont paritaires entre les Hutus (85% de la population) et les Tutsis (14%).
Le Burundi a plongé dans une grave crise, émaillée de violences, depuis le dépôt de la candidature du président Pierre Nkurunziza en avril 2015 pour un troisième mandat qu'il a obtenu en juillet, en violation de la Constitution et de l'accord d'Arusha qui a mis fin à la guerre civile de 1993-2006, selon l'opposition, la société civile et une partie de son propre camp .
Ces violences ont fait depuis un an plus de 700 morts et poussé 278 320 personnes à quitter le pays, selon le dernier rapport du Haut commissariat des Nations unies pour les réfugiés (UNHCR) du 20 mai
2016.