Lassaad Ben Ahmed
19 Février 2018•Mise à jour: 19 Février 2018
AA / Bujumbura / Yvan Rukundo
Le gouvernement du Burundi a indiqué qu’il a besoin de 141,8 millions de dollars pour répondre de façon multisectorielle aux besoins de 2,4 millions de personnes les plus vulnérables, selon le Plan de réponse humanitaire 2018, lancé lundi.
Etaient présents lors de ce lancement l’ensemble de la Communauté humanitaire dont les ONG nationales et internationales, les services clés du gouvernement en charge des questions humanitaires.
«Le constat est qu’en 2017, le nombre de personnes vulnérables a augmenté de 18% par rapport à 2016», a révélé ce document notant que, de manière consensuelle, la Communauté humanitaire du Burundi a déterminé les priorités pour les interventions humanitaires par secteur d’activité.
«Au-delà des actions immédiates pour sauver des vies, les acteurs ont convenu d’intégrer des interventions d’appui aux préventions des risques pour éviter que des personnes les plus fragilisées ne tombent dans la vulnérabilité extrême», précise le même document mettant l’accent sur les rapatriés spontanés, les déplacés internes, les rapatriés facilités ainsi qu’aux communautés hôtes.
LA crise au Burundi remonte à avril 2015, lorsque le président Pierre Nkurunziza a décidé de briguer un 3ème mandat jugé illégal et contesté par l’opposition, la société civile et une partie de son propre camp.
Suite aux contestations, il y a eu des milliers de morts, plus de 420 mille burundais ont pris le chemin de l’exil selon l’ONU et les anciens partenaires financiers du pays comme la Belgique, l’UE, les Etats-Unis, ont pris la décision de geler les aides directes au gouvernement.
Alors que l’ONU dit s’attendre à 50 mille réfugiés burundais pour cette année, Bujumbura, quant à elle, affirme que plus de 130 mille burundais sont déjà rentrés dans le pays, volontairement.
A cela, il faut ajouter les déplacés internes depuis la crise de 1993, les sinistrés des inondations, à l’image de celles de 2014 ayant causé une cinquantaine de morts, une centaine de blessés et près de 2000 maisons détruites au nord de la capitale.
Cette coordination multisectorielle de l’équipe humanitaire a été facilitée par le bureau des Nations-Unies sous la coordination des affaires humanitaires (OCHA) conjointement avec la Plateforme nationale de prévention des risques et de gestion de catastrophes, ainsi que différents ministères ayant les activités humanitaires dans leurs attributions.