AA/Tunis/Esma Ben Said
Dans quelques jours le chaos burundais aura un an au compteur.
Douze mois de crise qui ont été marqués, selon des sources onusiennes, par plus de 500 morts, près de 600 cas de tortures, quelques 4 mille arrestations, plus de 270.000 personnes réfugiés au Rwanda, en Tanzanie et en RDC (ONU), la visite du secrétaire générale de l'ONU, Ban Ki Moon, et un dialogue entre opposition et pouvoir toujours au point mort.
Voici une chronologie des évènements qui ont secoué le pays:
25 avril 2015: officialisation par la Cour constitutionnelle de la candidature de Pierre Nkurunziza à un 3e mandat -contraire à l’article 96 de la Constitution, d’après l’opposition et une partie de son camp.
26 avril 2015: Début des affrontements entre manifestants anti-3e mandat et policiers: 6 morts et une cinquantaine de blessés, selon la Croix-Rouge. Fermeture de radios proches de l’opposition et mandats d’arrêts visant des opposants.
13 mai 2015: Tentative de coup d’Etat alors que Nkurunziza se trouve en Tanzanie. La Communauté de l’Afrique de l’Est (CAE) condamne et appelle à l’arrêt des violences.
14 mai 2015: Affrontements armés entre les forces loyalistes et les putschistes. Le lendemain les putschistes reconnaissent leur échec et se rendent.
23 mai 2015: Le président du parti de l'opposition Union pour la Paix et la Démocratie (UPD) Zédi Feruzi, tué à Bujumbura.
29 mai 2015: L'Union Européenne suspend sa Mission d'observation électorale au Burundi.
4 juin 2015: Les législatives reportées, pour la 3e fois consécutive.
29 juillet 2015: Réélection de Nkurunziza avec plus de 69% des voix (l’opposition boycotte le scrutin).
2 août 2015: Assassinat d’Adolphe Nshimirimana, bras droit de Nkurunziza.
20 août 2015: Investiture de Nkurunziza.
7 septembre 2015: Nouvel assassinat d’un opposant; Patrice Gahungu, porte-parole de l'UPD.
11 septembre 2015: Tentative d’assassinat du chef d’état-major de l’armée, général Prime Niyongabo, dans une embuscade qui a fait sept morts.
28 septembre 2015: 134 morts, 90 cas de torture et des centaines d’arrestations (ONU).
1er octobre 2015: l’UE adopte des sanctions à l’encontre de 4 proches de Nkurunziza considérés comme des obstacles à la paix.
2 novembre 2015: Nkurunziza lance un ultimatum de cinq jours aux insurgés pour rendre les armes. Des centaines d’habitants des quartiers contestataires de la capitale quittent leurs demeures avant la fin de l’ultimatum.
6 novembre 2015: Un des fils du célèbre défenseur des droits de l'Homme au Burundi, Pierre-Claver Mbonimpa, assassiné. Le père est en exil en Belgique.
9 novembre 2015: Au moins 240 morts depuis avril, «catastrophe imminente» d’après l’ONU.
10 novembre 2015: Une résolution, présentée par la France à l'ONU, condamne les violences et leurs auteurs et propose "des sanctions" contre ces derniers.
23 novembre 2015: Gel des comptes de 10 ONG de défense des droits humains par le pouvoir.
11 décembre 2015:Des attaques menées par des groupes d’insurgés sur des camps militaires à Bujumbura provoquent l’arrestation d’une centaine de jeunes. Le lendemain, une vingtaine de cadavres jonchant les rues de la capitale sont retrouvées.
17 décembre 2015: Au moins 400 personnes tuées depuis avril (ONU), l’Union Africaine veut déployer 5 mille militaires au Burundi. Bujumbura s’y oppose fermement et menace de combattre les soldats de l’UA.
23 décembre 2015: Une rébellion composée d’anciens militaires et de policiers (Forces républicaines du Burundi-FOREBU) voit officiellement le jour.
28 décembre 2015: Début du dialogue inter-burundais à Entebbe (Ouganda) suspendu le 6 janvier car Bujumbura boycotte les négociations de paix.
29 janvier 2015: l’ONG Amnesty International publie des images satellites de cinq potentiels charniers. Ces images confirment des récits de témoins, qui accusent les forces de l'ordre d'avoir tué, le 11 décembre, des dizaines de personnes, enterrées par la suite dans des fosses communes, selon l'ONG.
10 février 2015: Les USA affirme que Kigali cherche à déstabiliser Bujumbura, en recrutant "des réfugiés burundais pour les enrôler dans une opposition armée" contre le régime de Nkurunziza.
13 février 2015: Des manifestations contre Kigali dans tout le pays
22 février 2015: Le Secrétaire général des Nations Unies Ban Ki-moon entame une visite de deux jours au Burundi. Nkurunziza s’engage alors à ouvrir un dialogue inclusif avec l’opposition et à libérer 2 mille prisonniers.
25-26 février 2015: Une mission de haut niveau de l'Union africaine en visite au Burundi a décidé d’y augmenter le nombre d’observateurs des droits de l’Homme et des experts militaires de l’UA.
14 mars 2016: l’UE décide de suspendre son aide direct à Bujumbura et insiste sur la nécessité de reprendre le dialogue.
18 mars 2016: L'ex-président tanzanien Benjamin Mkapa, désigné nouveau médiateur, par la CEA le 2 mars, s’entretient avec Nkurunziza pour une sortie de crise.
31 mars 2016: Accusé d'espionnage, Jacques Bihozagara, ancien ministre rwandais détenu depuis 4 mois à Bujumbura, meurt subitement dans sa cellule.
14 avril 2016: Phocas Bakaza, responsable du parti au pouvoir tué à Bujumbura.
15 avril 2016: Ban Ki-moon, propose dans un rapport, trois options pour sortir le Burundi de la crise, dont l’envoi de 3000 policiers. Bujumbura accepte une vingtaine de policiers, «pas plus».
18 avril 2016: Plus de 500 morts et près de 600 cas de torture en un an (ONU), selon un responsable onusien en poste à Bujumbura.
19 avril 2016: L'envoyé spécial des Etats-Unis pour la région des Grands Lacs, Thomas Perriello en visite à Bujumbura accuse le pouvoir de «double langage» (les prisonniers n’ayant toujours pas été libérés), et le qualifie d'«élément moteur» de la crise actuelle