Qualid Filsde Mohamed Chine
27 Décembre 2018•Mise à jour: 28 Décembre 2018
AA/ Bujumbura / Jean Bosco
Le président de l’association des droits de l’homme "Parole et Action pour le réveil des consciences et l’évolution des mentalités (PARCEM)", Faustin Ndikumana, a annoncé jeudi l’acquittement de trois membres de son organisation après plus d’une année de détention.
«Nous saluons le courage des juges qui, finalement, viennent de libérer ces trois innocents après plus d’une année de détention injuste», a déclaré Ndikumana jeudi, sur la radio indépendante, Isanganiro.
«Nous regrettons seulement que la justice ait pris autant de temps pour parvenir à une telle décision», a-t-il ajouté.
Les trois activistes de la société civile acquittés jeudi avaient été arrêtés le 13 juin 2017.
Il s’agit de Mr. Emmanuel Nshimirimana, représentant de PARCEM dans la province de Muramvya (50 km de Bujumbura) vers le centre, Aimé Gatore, représentant de la même organisation dans la commune de Mbuye en province Muramvya et Marius Nizigama qui la représente dans la zone de Buhangura dans la même province.
Accusés d’atteinte à la sureté intérieure, ils avaient été condamnés en mars dernier à 10 ans de prison ferme par le tribunal de Muramvya. La défense a interjeté l’appel.
Selon Maître Joseph Niragira leur avocat, au moment de leur arrestation, ils organisaient un atelier de sensibilisation sur la «violation des droits de l’homme » et les « arrestations arbitraires » auquel devaient participer différents membres des partis politiques.
Deux autres militants des droits de l’homme restent toujours en prison. Il s’agit de Germain Rukuki, membre de l’ACAT Burundi (Action des chrétiens pour l’abolition de la torture au Burundi) et Nestor Nibitanga, membre de l’APRODH (Association pour la protection des
droits humains et des personnes détenues).
Ils ont été appréhendés respectivement les 13 juillet et 21 novembre 2017 pour « atteinte à la sécurité intérieure de l’Etat ».
Au Burundi, certaines organisations de la société civile sont accusées de collaborer avec l’opposition radicale. Cinq d’entre elles ont été radiées en 2017.
Le Burundi traverse une grave crise politico-sécuritaire depuis l’annonce du Président de briguer un troisième mandat en avril 2015.
D’après les Nations unies, la crise déclenchée par la candidature a déjà coûté des centaines de vies humaines et poussé plus de 360 mille personnes à l’exil.