Mohamed Hedi Abidellaoui
07 Avril 2017•Mise à jour: 08 Avril 2017
AA/ Bujumbura/ Nzosaba Jean Bosco
Au Burundi, le tableau des droits de l’Homme est resté désespérément sombre, au cours du premier trimestre de 2017, selon un rapport de la Ligue burundaise des droits de l’Homme, Iteka (dignité).
Plusieurs dizaines de personnes ont été tuées, d’autres torturées, arrêtées ou ont disparu, selon le même rapport consulté, vendredi, par Anadolu.
S’agissant des droits humains, les grandes tendances observées par Iteka sont les suivantes : « …Au moins 74 personnes tuées, 87 torturées, 41 portées disparues, 34 blessées et 697 personnes ont été victimes d’arrestations et détentions arbitraires», précise le rapport de la plus ancienne organisation locale des droits de l’Homme.
Les militaires issus de l’ancienne armée (d’avant le brassage de combattants en 2003) sont les plus touchés. « Des militaires ex-FAB (forces armées burundaises, Ndlr), en fonction ou en retraite, continuent à faire l’objet de séquestration, d’arrestations arbitraires, de tortures et d’assassinats. Au moins, 5 militaires ont été tués, 3 portés disparus, 15 torturés et 27 arrêtés ».
Ce rapport revient, par ailleurs, sur les corps sans vie retrouvés dans des rivières ou dans d’autres endroits et qui étaient enterrés à « la sauvette par l’administration locale ».
«Pour cette période, au moins 65 cadavres ont été répertoriés dont une fosse commune retrouvée contenant au moins 6 cadavres à Ruziba, zone urbaine de Kanyosha, commune Muha, Mairie de Bujumbura », indique Iteka.
L’organisation des droits de l’Homme a, du reste, appelé le gouvernement à «mettre fin sans tarder à la violence d’Etat et aux violations des droits de l’Homme en assurant effectivement la sécurité de la population et la protection de ses droits conformément aux textes nationaux, régionaux et internationaux de protection des droits de l’Homme qu’il avait ratifiés ».
Elle a aussi demandé à l’Union africaine (UA) «d’envoyer une force militaire pour la protection de la population burundaise en détresse », et au Conseil de sécurité de l’ONU de «prendre toutes les résolutions susceptibles de restaurer la paix dans le pays et de garantir la protection des droits humains».
Le gouvernement burundais n’a pas encore réagi à ce rapport.
Le Burundi a plongé dans une grave crise, émaillée de violences, depuis le dépôt de la candidature du président Pierre Nkurunziza, en avril 2015, pour un troisième mandat « non-constitutionnel », selon l’opposition.
Ces violences ont fait plus d'un millier de morts et poussé plus de 415 000 personnes à fuir le pays, d'après un rapport de l’Office des Nations unies pour les réfugies(UNHCR), publié le 24 mars 2017.