Nadia Chahed
29 Septembre 2018•Mise à jour: 30 Septembre 2018
AA/Bujumbura/Jean Bosco
Le Gouvernement burundais a décidé la suspension des activités de toutes les Organisations non gouvernementales (ONG) étrangères pour une période de trois mois en vue de vérifier leur "conformité à la loi et au règlement en vigueur au Burundi", ont rapporté samedi des médias locaux.
"Avant de prendre cette décision, le gouvernement a mis en garde ces organisations car elles ne respectaient la loi", a indiqué le porte-parole de la présidence burundaise Jean Claude Karerwa dans une déclaration à la presse, ajoutant que les ONG concernées ont été notifiées.
Cette mesure a été prise par le Conseil national de la sécurité dirigé par le chef de l’Etat, Pierre Nkurunziza, selon la même source.
"Le Conseil national de sécurité a constaté que la plupart de ces ONG ne se conforment ni à la loi, ni au texte qui les régissent et décidé, à cet effet, la suspension temporaire de toutes leurs activités pendant une période de trois mois à partir du 1er octobre 2018", a déclaré le général Silas Ntigurirwa, Secrétaire permanent du Conseil, sur les ondes de la radio d'Etat(Rtnb).
Cette mesure permettra aux institutions en charge de ces organisations de vérifier leur conformité à la loi et au règlement en vigueur, a-t-il ajouté.
Selon des observateurs, Bujumbura veut renforcer le contrôle des ONG étrangères, principal canal de devises dans le pays après la suspension par les partenaires occidentaux de l'aide budgétaire directe au gouvernement.
En janvier 2017, le gouvernement a mis en place une nouvelle loi régissant les ONG étrangères. Elle prévoit notamment un strict contrôle de leurs finances, des frais administratifs et des quotas ethniques dans le recrutement du personnel (60% de Hutu et 40% de Tutsi, comme dans l'administration).
Le Burundi a plongé dans une grave crise, émaillée de violences, depuis le dépôt de la candidature du président Pierre Nkurunziza en avril 2015 pour un troisième mandat qu'il a obtenu en juillet de la même année, en violation de la Constitution et de l'accord d'Arusha qui a mis fin à la guerre civile de 1993-2006, selon l'opposition, la société civile et une partie de son propre camp.
Ces violences ont fait plus d'un millier de morts et poussé près de 400.000 personnes à fuir le pays, selon l’ONU.