Lassaad Ben Ahmed
23 Novembre 2017•Mise à jour: 23 Novembre 2017
AA/Bujumbura/Yvan Rukundo
Six corps sans vie ont été repérés flottant sur la rivière Rusizi, dans l'Ouest du Burundi, frontalier de la République démocratique du Congo (RDC), a appris Anadolu, jeudi, d’une source administrative.
Joseph Iteriteka, gouverneur de la province burundaise Cibitoke (Ouest), a signalé à Anadolu que l’administration et les militaires ont été alertés par des pêcheurs sur l'existence de cadavres flottants. Trois corps ont ainsi été repêchés, mercredi, sur la transversale 4 de la colline Nyamagana, commune Buganda, dans la même province.
Trois corps, déjà en décomposition, avaient été repêchés vendredi passé et enterrés, renseigne la même autorité provinciale.
«Les victimes n’ont pas été encore identifiées», a-t-il ajouté, précisant que les enquêtes sont en cours pour l’identification des victimes, des auteurs et la provenance de ces cadavres.
Un des pêcheurs approché par Anadolu, affirme d’ailleurs avoir vu huit cadavres dans cette rivière.
Un militant des droits de l’homme, contacté par Anadolu, a fait état d’exécutions nocturnes visant des opposants. «On les amène à bord de voitures en pleine nuit et on les exécute. Leurs cadavres sont ensuite jetés dans la Rusizi », a-t-il confié, sous couvert d’anonymat.
En 2014, une affaire de cadavres enveloppés dans des sacs flottant sur le lac Rweru, au nord-est du Burundi, a créé un climat de tension entre Kigali (Rwanda) et Bujumbura. Des médias ont parlé d’une quarantaine de cadavres vus dans ce lac séparant les deux pays.
Malgré le refus de Bujumbura de collaborer avec les enquêteurs onusiens, la Cour pénale internationale (CPI) a autorisé au début de ce mois (9 novembre) à Fatouma Bensuda, la procureure, d'ouvrir une enquête sur des crimes contre l’humanité commis au Burundi depuis le 26 avril 2015 et jusqu'au 26 octobre 2017.
Le Burundi est plongé dans une crise politico-sécuritaire, il y a plus de deux ans, liée au 3ème mandat de Pierre Nkurunziza, contesté par l’opposition, la société civile et une partie de son propre camp.
Les violences ayant suivi ont déjà fait des milliers de morts, ont poussé plus de 400 mille Burundais à l’exil selon le récent rapport du Haut-Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés (HCR).